Le « Panel Crédits » oscille entre prudence et confiance pour la rentrée
Fin août, difficile d’avoir une direction de marché. Il faut dire qu’après un premier semestre aux allures de montagnes russes sur le crédit, la rentrée s’annonce périlleuse. Le segment obligataire a enregistré une activité surprenante en juillet mais aucun émetteur corporate ne s’est risqué sur le marché en août, pause estivale oblige. Après cinq semaines d’indicateurs économiques mondiaux plus décevants les uns que les autres, les espoirs de reprise ont été mis à mal. Un contexte qui ancre le panel dans sa position attentiste. Seul CCR AM s’est ainsi risqué à faire évoluer son exposition au crédit pour septembre, la passant de sous-pondérée à neutre.
Cependant si le Panel Crédit reste prudent, il a tout de même l’air de croire aux performances futures de la classe d’actif. Pour la première fois depuis janvier, soit avant l’éclatement des difficultés grecques, aucun répondant ne compte sous-pondérer le crédit. Un optimisme confirmé par les perspectives sur les spreads. Toujours en majorité neutres sur leur évolution, il faut noter que les panélistes sont désormais 42% à envisager une baisse à un mois, contre 35% en juillet dernier. Trois sociétés de gestion ont modifié leurs anticipations pour septembre. CCR AM a logiquement fait passer sa perspective de négative à neutre. Plus pessimiste, DWS, quant à lui, entrevoit désormais des spreads stable, contre une baisse en juillet. Exception, Dexia auparavant neutre sur les spreads, les voit désormais repartir à la hausse.
Il faut dire qu’en août, si le marché était à l’arrêt, les CDS eux ont enregistré un regain de tensions liées aux craintes sur la croissance américaine et japonaise ainsi qu’aux retours des incertitudes sur les périphériques. L’indice iTraxx Cross-over qui mesure les CDS des entreprises les moins bien notées est ainsi reparti à la hausse depuis le début du mois. Redescendu à 457 points de base (pb) le 2 août, l’indice a grimpé de 71 pb en un mois. Il était ainsi à 528 pb le 25 août, encore loin de ses niveaux records de mai en pleine crise souveraine, mais proche de ceux de mi-juillet avant la publication des stress tests.
L’enthousiasme reste donc modéré sur le crédit. La légère reprise de confiance des panélistes sur le crédit se traduit tout de même par l’augmentation progressive de leur duration moyenne de crédit. Ils sont ainsi 42% à l’augmenter. Pas de grosse amplitude de variation cependant. Le plus fort rallongement vient d’Allianz qui passe d’une moyenne de 4 en juillet à 4,3 ans. Côté notation, DWS et M&G ont tout deux délaissé la catégorie A et préfèrent désormais le BBB, signe aussi d’une prise de risque plus importante.
La prudence reste cependant bien de mise, les panélistes ont augmenté leur proportion de cash pour septembre. Elle est désormais en moyenne de 5,58%. En juillet, cette dernière avait baissé à 5,39%, contre 5,95% en juin.
Plus d'articles du même thème
-
Adobe lance un plan de rachat d'actions de 25 milliards de dollars
L’éditeur du logiciel Photoshop veut rassurer ses investisseurs qui craignent que la société soit concurrencée par le dernier outil d’IA d’Anthropic, Claude Design. -
Le fonds de pension local de Londres joue la transparence sur son portefeuille d’actions
London Pensions Funds Authority a retenu un prestataire pour publier un tableau de bord de son portefeuille de titres, filtrable notamment par secteur. -
La gestion privée de Montpensier Arbevel affiche une croissance régulière
Ce pôle, qui représente environ un tiers des encours du groupe, devrait accélérer son développement avec l’arrivée de Philippe Gaboriau et l’élargissement de l’offre. -
Les agences de notation s'attaquent au marché des stablecoins
En fin d'année dernière, S&P a noté les stablecoins dollars de Tether et de Circle. Moody's a publié en mars dernier sa méthodologie de notation pour ces jetons adossés à des devises traditionnelles sur la blockchain. Chaque agence a une cible particulière et il ne s'agit pas de donner une note de crédit, mais plutôt de s'assurer une place dans la finance décentralisée. -
Boeing enregistre une perte trimestrielle moins importante que prévu
Les résultats du premier trimestre confirment les premiers signes d’amélioration opérationnelle de l’avionneur qui avaient été observés à la fin de l’année dernière. -
Le Livret A paie cash son rendement réel négatif
Depuis le début de l’année, le petit livret rouge affiche une décollecte de 3,1 milliards d’euros, contre une collecte positive de 1,73 milliard d’euros à la même période en 2025. La tendance pourrait toutefois s'inverser en août en cas de relèvement du taux.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Furtif momentQuand l'Italie s'endettait moins cher que la France, une brève histoire de taux d'intérêt...
Le déficit des comptes publics italiens devrait passer sous la barre des 3 % en 2026 (2,9 %) en dépit d’une croissance ralentie par le choc pétrolier, a annoncé le ministre de l’Economie Giancarlo Giorgetti mercredi. Mais la Botte ne fait plus rêver les marchés -
Russie en ennemi numéro 1, agilité et effectifs en croissance : Berlin formalise sa stratégie militaire
Le gros des travaux, issus de réflexions inédites depuis 1945, est classé confidentiel. Le ministère allemand de la Défense a présenté la partie publique mercredi -
A Paris, on apprécie le virage anti-Trump de Meloni
Les diplomates français constatent un entrain nouveau à Rome pour des initiatives communes avec la France. Le trumpisme a perdu de son attrait