Le Panel Crédit renforce sa confiance dans la classe d’actifs
Le marché du crédit garde plus que jamais le vent en poupe. Les panélistes de L’Agefi ont ainsi renforcé leur exposition à la classe d’actifs sur le mois d’avril, malgré les voix de plus en plus nombreuses s’élevant pour alerter sur le risque de surévaluation.
Edmond de Rothschild AM et CPR AM ont ainsi rejoint ce mois-ci le club déjà large privilégiant une «surpondération» sur le marché du crédit, après être restés tous deux neutres le mois dernier. Seuls Allianz Gobal Investors, CCR AM et CM-CIC AM restent encore récalcitrants en maintenant leur position «neutre». Sur les vingt maisons constituant le panel, seize affichent ainsi une surpondération au crédit. La Française AM est la seule à se distinguer en sous-pondérant la classe d’actifs dans son portefeuille.
En revanche, les panélistes de L’Agefi restent majoritairement neutres sur le niveau anticipé des spreads à un mois, avec le renfort de CM-CIC AM, qui était la seule société de gestion à être négative le mois dernier. Sept d’entre eux restent néanmoins positifs, alors que La Française AM se distingue une nouvelle fois par une vision négative de l'évolution des spreads. Si la duration moyenne du crédit s’est une nouvelle fois allongée en avril, la part de cash dans les portefeuilles des panélistes s’est également renforcée, après la forte chute affichée au mois de mars. Neuflize OBC Investments et CCR AM restent les plus défensifs, avec une part de cash dans leurs portefeuilles de respectivement 10% et 8%.
«Le crédit continue à s’améliorer contre toute attente», constatent ainsi les analystes crédit de SG CIB. L’indice principal («main») s’est resserré de 6 points de base (pb) la semaine dernière pour revenir à 71,5 pb, et l’indice «cross-over» de 12,5 pb à 277 pb. Ils reviennent ainsi à leurs plus faibles niveaux de l’année. Même constat sur le marché du cash, avec un resserrement de l’indice «iBoxx corporates» qui, à 120 pb, revient également à ses plus faibles niveaux de l’année enregistrés début janvier et qui constituaient déjà un retour sur ceux de début 2008. «Tant que les taux de référence demeurent à un niveau si faible, le marché du crédit continue d’offrir des rendements très attractifs, ce qui en fait une classe d’actifs très favorable. Après tout, les spreads restent bien supérieurs à ceux d’avant crise», explique en outre SG CIB.
Dans ce contexte, le segment du «high yield» (HY) est toujours plébiscité par les investisseurs, avec un rendement de 2,8% affiché en mars, contre 2,4% pour le compartiment «investment grade». De quoi le pousser à des niveaux de valorisation record. Le rendement moyen de l’indice HY est ainsi tombé à 4,09%, contre 7% durant l’été 2013, soit un niveau qui est même devenu inférieur à celui affiché par la catégorie investissement au début de l’année 2012. «Pourtant, compte tenu de la faiblesse du taux de défauts, et de l’intérêt croissant manifesté pour la classe d’actifs du high yield, ça n’est qu’une question de temps avant que le rendement tombe sous le seuil des 4%», estime SG CIB.
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