Le « Panel Crédit » est un peu plus prudent sur l'évolution des spreads
Les craintes sur le sort de la Grèce et le possible ralentissement de la croissance se sont fait ressentir sur le marché du crédit ces derniers jours. L’indice iTraxx Crossover qui suit l'évolution du coût de la protection contre le risque de défaut pour les émetteurs corporates les plus risqués s’est ainsi tendu de 33 points de base (pb) à 386 pb vendredi dernier. Sur la dette financière, les tensions ont été plus marquées. L’iTraxx sur la dette financière senior s’est écarté de 29 pb et celui sur la dette financière subordonnée de 37 pb. Suite à cette contre-performance, le «Panel Agefi crédit» est plus prudent sur l'évolution des spreads. La moitié des panélistes table sur une stabilité des spreads sur le mois à venir alors qu’ils étaient 70% à prévoir une évolution positive début mai. Ainsi, Axa IM, BNP Paribas AM, CM-CIC AM, CPR AM et Swiss Life AM ont revu à la baisse leurs anticipations, à neutre. CCR AM est plus méfiant encore et rejoint Dexia AM dans le camp de ceux qui prévoient une évolution négative des spreads en juin.
Malgré cette légère remontée du risque sur le crédit, les panélistes s’intéressent toujours à la classe d’actifs. Ils sont 60% à la surpondérer début juin contre 65% début mai. Axa IM et Pioneer Investments ont relevé leur exposition de neutre à surpondérer tandis que trois autres gestionnaires prenaient le chemin inverse. BNP Paribas AM, CM-CIC AM et CPR AM sont ainsi passés de surpondérer à neutre. En accord avec sa révision en baisse des perspectives sur les spreads, CCR AM est passé de neutre à sous-pondérer sur la classe d’actifs.
A la recherche de rendement dans un contexte de taux bas, les sociétés de gestion continuent de privilégier les émissions notées BBB, dans le bas de la catégorie d’investissement, voire les obligations à haut rendement. M&G Investments est d’ailleurs descendu dans l'échelle de notation le mois dernier, et privilégie à présent les obligations notées entre A et BB, alors qu’il se concentrait auparavant sur les titres notées entre A et BBB. Au niveau mondial, les fonds high yield enregistrent des entrées depuis neuf semaines consécutives, d’après le bureau d'études EPFR. L’intérêt croissant des investisseurs pour le high yield s’accompagne d’une hausse des émissions sur ce secteur. Elles se sont élevées à 23,5 milliards d’euros depuis le début de l’année contre 17,4 milliards sur les cinq premiers mois de 2010, d’après la recherche crédit de Société Générale. Sur le segment investment grade, les émissions d’obligations non financières ont représenté 45 milliards d’euros depuis le début de l’année. Les émissions financières sont, elles, en forte hausse. Elles atteignent déjà 103 milliards d’euros en 2011 contre 154 milliards sur l’ensemble de 2010.
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