Le Panel Crédit affiche une confiance inébranlable
Le marché a enregistré une nouvelle compression de ses spreads et des rendements moyens au mois d’avril
Publié le
Patrick Aussannaire
Les panélistes de L’Agefi gardent une confiance inébranlable dans le crédit, et ne semblent pas souhaiter prendre le risque de sortir d’un marché qui offre des rendements attractifs malgré les risques croissants de surévaluation qui le menacent. Sur le mois de mai, ils sont ainsi restés 18 à conserver une surpondération sur la classe d’actifs, contre seulement 4 à être en position «neutre». A titre de comparaison, au mois d’avril, ils étaient 16 à surpondérer le crédit, contre trois neutres. La Française AM, qui était la seule à sous-pondérer le marché du crédit en avril, est même désormais revenue sur une exposition neutre.
Dans le même temps, les panélistes de L’Agefi ont renforcé leurs perspectives positives sur le niveau anticipé des spreads à un mois. Si 14 d’entre eux sont restés neutres, ils sont ainsi désormais 9 à avoir une vision positive sur le niveau des spreads, contre 7 le mois dernier. La Française AM, seule société de gestion du Panel à afficher une vision négative au mois d’avril, a là aussi rallié le camp de la neutralité. Dans le même temps, la Banque Postale AM a changé ses perspectives de neutre à positive.
La duration moyenne du crédit est restée presque stable en mai après un allongement au mois d’avril, ainsi que la part de cash dans les portefeuilles des panélistes, après le renforcement opéré le mois dernier. Neuflize OBC Investments et CCR AM sont restés fidèles à leur stratégie défensive, avec une part de cash dans leurs portefeuilles de respectivement 10% et 8%. A l’inverse, Natixis AM et Nordea Investment Funds affichent un pari nettement plus offensif en négligeant toute position en cash dans leurs portefeuilles, alors qu’Amundi et BNP Paribas la conservent à seulement 1%.
«Avril s’est avéré être un bon mois pour la classe d’actifs, avec une compression des spreads et une hausse des rendements totaux», rappelle SG CIB. Le segment «investment grade» enregistre ainsi un rendement total de 3,3% depuis le début de l’année, et le «high yield» de 3,96%. Dans le même temps, les rendements moyens ont chuté à respectivement 2% et 3,96%. Le «high yield» reste le segment plébiscité par les investisseurs, avec des rendements moyens qui étaient de 4,09% le mois dernier, et avaient même atteint 7% durant l’été 2013.
«Il y a peu de facteurs qui pourraient contrarier cette tendance», ajoute SG CIB en évoquant les espoirs de voir la BCE avoir recours à des mesures monétaires non conventionnelles qui bénéficieraient en premier lieu au «high yield» et aux stratégies à bêta élevé, dans un univers de taux et de rendements durablement faibles. SG CIB estime même que la performance affichée par le marché est telle qu’elle permettrait aux segments «investment grade» et «high yield» de supporter des écartements de spreads de 102 pb et 256 pb pour revenir à des rendements totaux négatifs.
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