Le Panel Agefi parie sur un statu quo de la BCE jeudi
Le Panel Taux de L’Agefi parie quasi unanimement sur le fait que le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) maintiendra son taux de refinancement inchangé à 0,25% à sa prochaine réunion qui se tiendra jeudi. Les panélistes dans leur ensemble anticipent même une prolongation du statu quo sur les six prochains mois, à l’exception de BNP Paribas. Les économistes de la banque de la rue d’Antin parient sur une baisse du principal taux directeur dans les trois prochains mois à 0,10%, puis un maintien ensuite à ce niveau.
Des prévisions qui coïncident avec la poursuite du mouvement de détente sur les rendements des pays périphériques et des pays «cœur» depuis le début de la crise qui touche les économies émergentes. Profitant d’un mouvement de fuite vers la qualité des investisseurs, le rendement des obligations françaises et allemandes à 10 ans affiche une baisse de 33 et 25 points de base (pb) depuis le 9 janvier, à 2,24% et 1,66% respectivement. Pourtant, les panélistes prévoient en moyenne une hausse du Bund allemand à 1,94% d’ici trois mois et 2,12% dans six mois.
Les taux à 10 ans espagnols et italiens et portugais sont revenus à respectivement 3,67%, 3,80% et 5,03%, soit une baisse de 54, 41 et 93 pb depuis le 27 décembre. Même tendance sur le taux irlandais qui a profité du retour du pays en catégorie investissement de la part des trois grandes agences de notation, avec un taux à 10 ans en recul de 20 pb depuis mi-janvier, à 3,30%. «L’Espagne et l’Irlande récoltent les fruits de leurs efforts de réforme et de transparence», estime RBS. Seule la Grèce a vu ses taux à 10 ans remonter de 90 pb depuis mi-janvier pour atteindre 8,43%.
«Pour l’instant, les signes croissants de reprise de l’activité fournissent un argument à la BCE pour conserver ses cartouches la semaine prochaine», estime ING. Barclays table sur un retour à la croissance du PIB espagnol cette année à 1%, après une contraction de 1,2% en 2013. «L’équilibre des risques s’est légèrement amélioré: le resserrement des spreads entraîne un moindre coût de financement des secteurs financiers et non financiers, et ainsi de meilleures conditions de financement pour l’économie réelle», ajoute la banque. La BCE prévoit, elle, une croissance de 1,1% cette année et 1,5% en 2015 au sein de la zone.
Pourtant, le risque de déflation plane toujours sur la zone euro. Les chiffres publiés vendredi font état d’un ralentissement de la hausse des prix à la consommation au sein des économies de la zone, à 0,7% en janvier, alors que le consensus tablait sur un léger rebond, à 0,9%. L’inflation sous-jacente ne progresse quant à elle que marginalement à 0,8%. En Espagne, elle se rapproche même de zéro, à 0,2%, et se propage à l’économie allemande, avec un ralentissement de la hausse des prix à 1,3%. La stabilité de la parité de l’euro contre dollar à 1,34 prévue par les panélistes ne devrait pas en outre relâcher les pressions désinflationnistes.
La BCE anticipe une inflation moyenne de 1,1% sur l’année 2014. Une prévision optimiste, selon Deutsche Bank qui craint une contagion de la désinflation aux pays cœur de la zone. «Compte tenu de la faible croissance de l’inflation et de la masse monétaire, la pression s’accroît sur la BCE pour qu’elle prenne de nouvelles mesures», ajoute BNP Paribas. Commerzbank, Deutsche Bank et Barclays ont changé leur pronostic et prédisent à présent une baisse du taux de refinancement à 0,10% jeudi et une baisse du taux de dépôt à -0,10%. D’autant que «les taux monétaires n’ont pas reflué en janvier et se sont avérés volatils», comme l’indique SG CIB.
{"title":"","image":"80659»,"legend":"Panel Mensuel Taux»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Irivest IM lance un fonds flexible, un an après la fusion de Chahine Capital et Dynasty AM
Ce produit ajuste chaque mois son exposition aux actions de 0 % à 100 % grâce à un modèle quantitatif. -
L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
Le groupe mutualiste cherche actuellement un repreneur pour Sienna Gestion, mais la vente pourrait être repoussée. -
La Macif projette 1,5 milliard d'euros d'investissements durables d'ici 2029
L'assureur mutualiste se fixe un nouvel objectif d'investissements durables entre 2025 et 2029, après avoir investi en 2025 deux fois plus que sa cible annuelle initiale. -
Le fonds de pension belge OFP Prolocus lance la sélection du gestionnaire et du dépositaire de sa future Sicav
La caisse de retraite complémentaire des pouvoirs locaux flamands recherche, en une seule procédure, le gestionnaire et le dépositaire du support de placement qu'elle va créer. -
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Le gestionnaire d’actifs britannique a déjà réuni 3,5 milliards de dollars d’actifs depuis le lancement de sa plateforme d’ETF actifs en septembre dernier. -
DWS commercialise un fonds dédié aux matériaux essentiels
Le gestionnaire d’actifs allemand va se concentrer sur les producteurs et la chaîne de valeur du secteur minier avec ce véhicule.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- Le Conseil européen approuve SFDR 2.0 avec quelques amendements
Contenu de nos partenaires
-
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme -
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause.