Le nouveau lieu de négociation créé par MIF 2 fait grincer des dents
La définition des « Organised Trading Facilities » est trop laxiste pour Nyse Euronext mais restrictive pour les utilisateurs de dérivés
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Solenn Poullennec
A peine les textes de révision de l’organisation des marchés financiers en Europe (MIF 2) ont-ils été publiés par la Commission hier que les opérateurs de marché ont réagi, bien déterminés à influer sur leur contenu. D’autant que la directive et le règlement sont promis à de long mois de négociations entre législateurs européens.
D’ores et déjà, certains contestent les caractéristiques des «Organised Trading Facilites» (OTF), ces nouvelles plates-formes de négociation destinées à intégrer les échanges effectués de gré à gré (OTC) dans la sphère régulée.
Le patron de Nyse Euronext, Dominique Cerutti, estime que «la proposition législative présentée aujourd’hui fait un grand pas pour restaurer la transparence». Mais la Bourse transatlantique se dit préoccupée par les définitions des OTF et du gré à gré (OTC). Trop vagues, elles laisseraient certains opérateurs faire du trading dans l’opacité.
Du côté des spécialistes des échanges de gré à gré, le son de cloche est sans surprise différent. «La Commission européenne propose certaines restrictions aux OTF qui vont nuire au choix des utilisateurs finaux et à la liquidité du marché», a réagi l’Isda, l’association professionnelle sur les produits dérivés. L’AFME, organisation qui regroupe les banques d’investissement, est tout aussi sceptique. Définis tels quels, les OTF pourraient «restreindre certaines formes de trading et opérations de faiseurs de marchés».
Les propositions relatives à l’organisation du post-marché sont aussi débattues et inquiètent Nyse Euronext. La Commission demande aux chambres de compensation de traiter tous les instruments financiers sans discrimination. De quoi contraindre à plus de concurrence alors que le modèle en silo qui intègre Bourse et chambre de compensation a gagné du terrain en Europe.
Par ailleurs, Bruxelles préconise un accès non discriminatoire aux indices de référence et obligations de licence. Jusque-là, certains des détenteurs de ces marques très convoitées empêchaient les MTF de les utiliser pour commercialiser des produits dérivés. La nouveauté devrait réjouir Chi-X Europe qui aurait aimé pouvoir utiliser l’Euro Stoxx, détenu par Deutsche Börse et Six Group. La plate-forme a remporté une autre victoire hier. Elle vient de recevoir l’aval des autorités de concurrence britanniques pour fusionner avec BATS.
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