«Le mouvement de baisse du yen face au dollar sera d’une ampleur mesurée»
- L’Agefi : Qu’est-ce qui pourrait soutenir l’euro face au dollar malgré le tapering de la Fed ?
- Olivier Raingeard : Aujourd’hui, trois facteurs soutiennent l’euro. Le risque systémique diminue, ce qui incite les investisseurs étrangers à revenir sur les actifs de la zone euro. Ce phénomène est amplifié par l’accroissement des risques macro-financiers sur les pays émergents. Par ailleurs, la balance des comptes courants de la zone euro s’est considérablement redressée, même si l’ajustement repose en partie sur une baisse de la demande intérieure. Enfin, la banque centrale américaine poursuit la politique de gonflement de son bilan, qui dépasse les 4.000 milliards de dollars, alors que celui de la BCE se réduit, les banques remboursant les sommes empruntées dans le cadre des opérations de LTRO. Néanmoins, le facteur monétaire devrait s’inverser au cours des prochains trimestres, la banque centrale américaine s’orientant progressivement vers une normalisation de sa politique monétaire; et la BCE se tenant prête à lutter contre d’éventuelles tensions sur le marché monétaire ou contre l’accroissement du risque de déflation. Cela devrait, in fine, favoriser une appréciation du dollar contre euro en 2014.
- Pendant combien de temps voyez-vous le yen perdre du terrain face au dollar ? Pourquoi ?
- La baisse du yen contre dollar a déjà été faite en grande partie sur l’action de la Banque du Japon. Le mouvement devrait se poursuivre en raison de la normalisation progressive de la politique monétaire de la banque centrale américaine. Néanmoins, il sera d’une ampleur plus mesurée : d’ici à la fin de l’année, le niveau des 110 yens contre dollar pourrait être atteint.
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