Le montant des réserves internationales en dollars diminue

Les interventions des banques centrales émergentes pour défendre leurs devises fin 2014 semblent à l’origine de cette tendance hors effets de change.
Patrick Aussannaire

La guerre des changes n’épargne pas le dollar. Les chiffres Cofer publiés par le FMI montrent certes que la part du billet vert dans les réserves internationales s’est renforcée au cours du dernier trimestre 2014 de 0,5 point pour atteindre 62,9%. «Les réserves internationales ont reculé avec la baisse de la valeur des réserves en autres devises que le dollar et avec les ventes de réserves des pays émergents cherchant à défendre leurs devises», précise BNP Paribas CIB.

Les chiffres du FMI ne prenant pas en compte les variations de change, Citigroup estime que la valeur en dollars des réserves internationales a en fait baissé d’environ 345 milliards, 200 milliards provenant de la perte de valeur des réserves non dollars, soit une baisse de 145 milliards hors effet de change. «Il est probable que les banques centrales qui sont intervenues pour soutenir leurs devises aient cédé en premier des réserves en dollars qui constituent les actifs les plus importants et les plus liquides de leurs portefeuilles. Ce qui ne signifie pas un mouvement de diversification vers des actifs hors dollar», précise Citigroup.

Les réserves détenues en euros ont quant à elles chuté de 46 milliards de dollars. Cette baisse est néanmoins largement due à des effets de valorisation, l’euro-dollar ayant en effet reculé de 3,5% sur le trimestre. «En prenant en compte ces effets, les gestionnaires semblent avoir même acheté pour environ 3,5 milliards d’euros. Ce qui indique qu’ils ne se diversifient pas activement vers d’autres devises que l’euro, mais laissent plutôt se dérouler un mouvement passif de vente d’euros en ne rééquilibrant pas leurs portefeuilles pour tenir compte des variations de change», explique BNP Paribas CIB.

Chute des réserves en euros de 46 milliards de dollars

En outre, «les données du FMI excluent deux des plus importants détenteurs de réserves de change, qui détiennent à eux seuls autant d’actifs que toutes les autres banques centrales du reste du monde cumulées. Or, ce sont précisément ces zones qui ont actuellement le plus fort potentiel de vente de l’euro», précise Deutsche Bank. Les pays du Moyen-Orient, qui pâtissent de la baisse des prix du pétrole, détiennent 1.000 milliards de dollars de réserves officielles et 2.500 milliards dans les fonds souverains, alors qu’aujourd’hui la Chine brûle de son côté ses réserves à un rythme de 200 milliards par an pour compenser les sorties de capitaux massives.

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