Le Mexique attire les investisseurs à la recherche de rendements
Le pays a émis hier un milliard de livres à 100 ans à un taux de 5,75%, contre un rendement de 8,73% consenti par Porto Rico mardi sur 20 ans
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Patrick Aussannaire
En pleine crise de certains pays émergents, les investisseurs à la recherche de rendements répondent pourtant présents sur le marché primaire. Hier, c’est le Mexique qui a profité de cet engouement pour placer un milliard d’obligations à 100 ans libellées en livre sterling, avec Barclays et Goldman Sachs comme teneurs de livre.
Loin des tensions politiques au Venezuela, le pays, qui bénéficie d’une notation BBB assortie d’une perspective stable auprès de S&P et Fitch et relevée un cran au-dessus à A3 début février par Moody’s, a réussi à attirer plus de 2 milliards de livres d’ordres malgré un rendement abaissé à 5,75%.
L’Etat mexicain avait déjà réalisé avec succès en octobre 2010 une émission à 100 ans libellée en dollars. Les 2,7 milliards de titres en circulation ont offert une performance totale de 6,1% à leurs porteurs cette année, la meilleure parmi les autres obligations souveraines d’Amérique latine et centrale, selon Bloomberg. La poursuite des entrées nettes de capitaux dans le pays, d’un montant de 21 milliards de dollars en 2013, a propulsé le taux de détention de la dette locale par des investisseurs étrangers à un record de 40% (contre 27% mi 2012), soit 140 milliards de dollars (11% du PIB).
Contrairement à Porto Rico, qui malgré une situation proche du défaut a réussi à lever mardi 3,5 milliards de dollars en émettant des titres de maturité 2035 à un taux de 8,727% avec un carnet d’ordres de 16 milliards, l’économie mexicaine bénéficie de fondamentaux jugés favorables. «Les mesures de vulnérabilité externe telles que la dette externe du secteur public se sont améliorées à un niveau de 10% du PIB, contre 25% du PIB en 1996», estime Morgan Stanley.
Le pays continue en outre d’accumuler des réserves de change qui pèsent aujourd’hui 180 milliards de dollars (15% du PIB), alors qu’elles n’étaient que de 20 milliards en 1997 (5% du PIB). Son niveau d’endettement privé et public cumulé reste limité à 70% de son PIB, contre 110% pour le Brésil et l’Inde et 200% pour la Chine. «Au sein de l’Amérique latine, le Mexique serait le moins exposé à un ralentissement de l’économie chinoise, à moins qu’elle ne remette en cause la reprise aux Etats-Unis», ajoute Morgan Stanley. Après un ralentissement de la croissance mexicaine à 1,1% en 2013 après 3,9% en 2012, ING anticipe un rebond à 2,3% cette année et 3,6% en 2015.
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