Le MES, désormais opérationnel, doit préciser son mode d’intervention
En marge de la réunion de l’Eurogroupe, le conseil des gouverneurs du MES (Mécanisme européen de stabilité) tient aujourd’hui sa première réunion. C’est à partir de ce lundi que le fonds de sauvetage européen devient opérationnel. Le récent feu vert de la Cour constitutionnelle allemande avait levé le dernier obstacle à l’entrée en vigueur du successeur du FESF.
Doté d’une force de frappe de 500 milliards d’euros, le MES doit devenir une pièce maîtresse du programme OMT de rachat de dette de la BCE. Jeudi, l’institution a répété être prête à venir en aide à l’Espagne en rachetant des dettes sur le marché secondaire dès lors que le pays en fera la demande. La BCE viendrait en appui du MES qui interviendrait de son côté sur le marché primaire, et éventuellement secondaire. Mais de nombreuses incertitudes demeurent sur le mode de fonctionnement du mécanisme.
«Nous attendons une intense discussion sur la façon dont le MES va opérer, les garanties qu’il va apporter, son plan de financement…», souligne Luca Cazzulani analyste chez UniCredit.
Dans le cadre d’une aide à l’Espagne, les besoins de financement du MES pourraient se chiffrer à 5 milliards d’euros au quatrième trimestre, et représenter entre 45 et 50 milliards d’euros en 2013, soit un montant quasi équivalent aux fonds levés par le FESF cette année, estime Camille de Courcel chez BNP Paribas CIB. Selon l’agence Reuters, le MES pourrait intervenir comme assureur de premier risque. Ce projet déjà évoqué l’an dernier serait actuellement à l’étude dans le cadre du soutien à l’Espagne. Le MES garantirait 20% à 30% de chaque nouvelle obligation émise par l’Espagne.
A moyen terme, les pays cœur de l’Europe pourraient se retrouver sous pression car certains investisseurs s’attendent à ce que le MES entre en compétition avec les portefeuilles des Etats souverains, estime Unicredit. Cette situation pourrait entraîner une hausse des taux d’emprunt des pays «core», soulignent également les analystes de Goldman Sachs.
Dans le cadre de la recapitalisation du secteur bancaire par le MES, le marché attend aussi de savoir si les «actifs hérités du passé» pourront en bénéficier, le sujet restant en suspens après la polémique lancée par l’Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas.
Plus d'articles du même thème
-
AB InBev offre sa tournée avec le retour à la croissance de ses volumes
Le premier brasseur mondial bondit en Bourse de plus de 6 % avec la première hausse de ses volumes de vente depuis 2023. -
UniCredit dévoile des résultats solides et lance son offre sur Commerzbank
La banque italienne a dévoilé des profits trimestriels supérieurs aux attentes. L'offre de rachat sur sa concurrente allemande débute également ce mardi mais le directeur général, Andrea Orcel, ne s'attend pas à prendre le contrôle de sa cible. -
Initiative & Finance prend le relais de Trajan au capital d’Airess
La société d’investissement signe la sixième opération de son fonds midcap en prenant le contrôle du groupe spécialisé dans l’installation et la maintenance de systèmes de protection incendie. -
Les enjeux des ratios financiers dans les contrats de crédit
Cette tribune ouvre une série de trois articles consacrés à la renégociation des ratios financiers dans les contrats de crédit. -
HSBC dévoile des résultats pénalisés par une perte dans le crédit privé
La banque britannique a enregistré une baisse de son profit avant impôt au premier trimestre en raison d'une perte inattendue de 400 millions de dollars liée à une fraude. L'action est sanctionnée en Bourse. -
Les CGP peinent à s’emparer des cryptomonnaies
Si l’adoption des cryptoactifs par les épargnants français augmente légèrement, les conseillers en gestion de patrimoine (CGP), peu sollicités par leur clientèle, sont encore à la peine sur ce sujet.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- Nordea AM remporte un mandat de près de 1 milliard d’euros auprès d’ABN Amro IS
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
Contenu de nos partenaires
-
Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : les 70 propositions chocs du rapport Alloncle
Le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public formule 70 recommandations pour réformer le secteur en profondeur, entre économies massives, exigences accrues de neutralité, fusions de chaînes et encadrement du recours aux producteurs extérieurs -
La Russie et l'Ukraine annoncent un cessez-le-feu à des dates différentes
Kiev - La Russie a annoncé lundi un cessez-le-feu unilatéral avec l’Ukraine les 8 et 9 mai pour les commémorations de la victoire de la Seconde Guerre mondiale, et a menacé de lancer une «frappe massive de missiles» sur Kiev si l’Ukraine le violait. L’Ukraine a répondu en déclarant sa propre trêve les 5 et 6 mai, estimant qu’il n'était «pas sérieux» de s’attendre à ce qu’elle observe un cessez-le-feu à l’occasion d’un jour férié militaire russe. Ces annonces interviennent à un moment où les Etats-Unis recentrent leur attention sur le conflit au Moyen-Orient après leurs efforts déployés pour mettre fin à la guerre en Ukraine, provoquée par l’invasion russe à grande échelle du pays en 2022. «Conformément à une décision du Commandant suprême des forces armées de la Fédération de Russie, (le président) Vladimir Poutine, un cessez-le-feu a été décrété du 8 au 9 mai 2026", a indiqué le ministère dans un message publié sur MAX, une application de messagerie soutenue par l’Etat. «Si le régime de Kiev tente de mettre en oeuvre ses plans criminels visant à perturber les célébrations du 81e anniversaire de la Victoire lors de la Grande Guerre patriotique, les forces armées russes lanceront une frappe massive de missiles de représailles sur le centre de Kiev», a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué diffusé également sur MAX. «Nous avertissons la population civile de Kiev et les employés des missions diplomatiques étrangères de la nécessité de quitter la ville sans délai», a-t-il ajouté sans autre explication. La Russie commémore chaque année la Journée de la Victoire soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945 en organisant un vaste défilé militaire sur la place Rouge à Moscou. De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré lundi qu’il n'était «pas sérieux» d’instaurer un cessez-le-feu pour permettre à la Russie de célébrer cette journée, et que Moscou craignait que les drones ukrainiens ne «bourdonnent au-dessus de la place Rouge». «A ce jour, il n’y a eu aucune demande officielle adressée à l’Ukraine concernant les modalités d’une cessation des hostilités dont il est question sur les réseaux sociaux russes», a indiqué M. Zelensky dans un message publié sur la plateforme X. «A cet égard, nous annonçons un régime de cessez-le-feu à partir de 00H00 dans la nuit du 5 au 6 mai», a-t-il ajouté. Le président ukrainien a ensuite atterri à Bahreïn pour des discussions sur la «coopération en matière de sécurité» avec ce pays du Golfe, a indiqué à l’AFP une source au sein de la délégation ukrainienne. Attaques meurtrières Lundi, une frappe de missile russe a coûté la vie à sept civils dans la ville de Merefa, située près de Kharkiv dans l’est de l’Ukraine, et une attaque de drone a provoqué la mort d’un couple dans une localité du sud, selon les autorités ukrainiennes. Un journaliste de l’AFP a vu à Merefa des corps étendus dans la rue, recouverts de couvertures et de draps blancs ainsi que des magasins et maisons éventrés et des voitures endommagées. Une femme, dont un proche a été tué dans une voiture, caressait son corps à travers la vitre du véhicule, tête baissée. Selon des informations préliminaires, l’attaque a été menée à l’aide d’un missile balistique de type Iskander, a précisé le parquet régional. L’Ukraine se bat depuis plus de quatre ans contre l’invasion russe à grande échelle et la région de Kharkiv, frontalière de la Russie, est très régulièrement visée par des attaques russes. Une partie importante de ce territoire avait été occupée par l’armée russe au début de la guerre, puis largement reprise par les forces ukrainiennes. La zone contrôlée par les Russes en Ukraine a diminué de quelque 120 km2 en avril, ce qui n'était plus arrivé depuis la contre-offensive ukrainienne de l'été 2023, selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l'étude de la guerre (ISW). L’invasion russe de l’Ukraine, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des centaines de milliers de morts des deux côtés. Victoria LUKOVENKO © Agence France-Presse -
Guerre au Moyen-Orient : la trêve fragile entre les Etats-Unis et l’Iran mise à l’épreuve après des tirs dans le détroit d’Ormuz
Des échanges de tirs entre forces américaines et iraniennes dans le détroit d’Ormuz fragilisent la trêve en vigueur depuis un mois. Donald Trump refuse de confirmer si le cessez-le-feu tient encore, tandis que les marchés pétroliers s’inquiètent d’une escalade.