Le marché primaire va continuer de façon sélective
Patrick Barbe, responsable gestion obligataire benchmarkée chez BNP Paribas Asset Management
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Tân Le Quang
L’Agefi: Le redémarrage du marché primaire est-il parti pour durer?
Patrick Barbe: La réouverture du marché primaire euro depuis mi-décembre a pu avoir lieu au prix d’une forte hausse des spreads de crédit qui rémunère enfin la hausse du risque due à la récession économique et l’illiquidité du marché secondaire. Le primaire permet de retrouver un peu d’efficience: pour une taille significative un prix fixe équilibre l’offre de l’émetteur et la demande d’investisseurs. Le coût élevé d’emprunt conduit les émetteurs à privilégier les maturités courtes pour lesquelles l’appétit des investisseurs est limité. Les meilleurs crédits ont pu émettre de forts montants, près de 45 milliards d’euros en corporate, et ont accepté de payer cher pour s’assurer un refinancement les mettant à l’abri d’une crise de liquidité. Les autres sociétés auront donc des difficultés à émettre même avec des taux d’emprunt à deux chiffres. Le marché primaire va continuer de façon sélective.
Dans le contexte actuel de niveau de spreads extravagant, quelle catégorie d’émissions faut-il privilégier?
Les niveaux des spreads sont attractifs historiquement mais une large part de la hausse des spreads résulte de la forte illiquidité du marché secondaire pour une taille significative. Les market makers n’animent plus un marché qui reste ainsi disloqué. La fin d’année a vu un grand nettoyage des positions crédit rendant attractif le secteur bancaire maintenant soutenu en Europe par les Etats. En fait, le risque bancaire devient un risque pays! Dans l’industrie, avec des spreads aussi élevés, nous privilégions le choix des émetteurs au détriment des paris sectoriels.
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