« Le marché primaire risque de rester quasiment fermé pour cette année »
L’Agefi: Le marché primaire du crédit en euro peut-il rester actif malgré la contagion de la crise de la dette à l’Italie?
Tanguy Le Saout: Ce n’est pas seulement l’Italie qui est sous pression, c’est l’ensemble du marché obligataire qui est touché. Il y a deux tendances contradictoires en ce moment: le resserrement fiscal des pays de la zone euro, qui est bon et qui devrait être suivi de réformes fondamentales, comme la révision du traité de Maastricht, et le deleveraging imposé aux banques de la zone euro. Malgré le côté positif des réformes, le marché du crédit n’est qu’otage de la situation des marchés souverains. Il semblerait plus facile à un émetteur high yield allemand d’accéder au marché primaire, qu'à une banque italienne. A notre avis, le marché primaire risque de rester quasiment fermé pour cette année. Les conditions seront meilleures début 2012, quand nous aurons 12 mois devant nous. Ceci dit, la plupart des intervenants ont plutôt des positions défensives.
Quelle est votre stratégie sur le crédit ?
Malgre la volatilité, nous restons positifs. Fondamentalement, la zone euro avance dans la bonne direction même si c’est seulement sous la pression des marchés. Temporairement, il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande et la seule force qui peut amortir les flots vendeurs des banques, c’est la BCE. Le crédit suit la situation de la crise. Donc, nous sommes fondamentalement constructifs mais aussi conscients des risques. Les positions ont toutes des stop-loss. Nous gardons suffisamment de cash pour gérer les opportunités et la plupart des nouvelles positions sont prises en dérivés, plus liquides que les obligations corporates.
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