Le marché primaire du high yield en Europe se montre plus exigeant

Les investisseurs ont imposé leurs conditions lors de transactions récentes, comme celles de Loxam et de l’italien Twin Set
Alexandre Garabedian

Inondé par une pluie d’émissions jamais vue, le marché du high yield européen donne des signes de fatigue. Plusieurs entreprises ont dû ces derniers jours revoir à la hausse les conditions offertes aux investisseurs. Ceux-ci commencent à renâcler en raison des performances médiocres enregistrées sur le marché secondaire par des titres vendus à des prix trop serrés. Depuis fin juin, la baisse continue de l’indice Markit iBoxx high yield, qui mesure les spreads des obligations, s’est interrompue.

Loxam semble ainsi en avoir fait les frais. Le loueur de matériel professionnel a placé 410 millions d’euros d’obligations seniors à 7 ans et 250 millions d’obligations subordonnées à 8 ans le 18 juillet. Les rendements trouvés, de 4,875% et 7% respectivement, sont supérieurs aux prix initiaux qui avaient été proposés au marché. La tranche senior a été lancée vendredi à un prix de 4,75%, tandis que la seconde était offerte dans une fourchette allant de 6,75% à 7%. La taille de la tranche subordonnée a par ailleurs été diminuée de 10 millions d’euros par rapport à l’objectif initial de Loxam, et celle de la tranche senior augmentée d’autant.

Plus tôt dans la semaine, le détaillant en ligne italien de vêtements, Twin Set – Simona Barbieri, a dû modifier les termes de son placement dirigé par UBS. La société, contrôlée par ses dirigeants et Carlyle, se proposait de lever 150 millions d’euros d’obligations à taux variable à 5 ans, avec la possibilité d’un rachat anticipé au bout d’un an. La durée de cette clause de non-call, protectrice pour les investisseurs, a dû être portée à 18 mois et la prime à payer pour un rachat anticipé de 101 à 102% du pair. Deux facteurs auraient joué en défaveur de l’émetteur, nouveau venu sur le marché du high yield: il s’agit encore d’une entreprise de petite taille, avec 50 millions d’euros d’Ebitda, et le produit de l’emprunt devait notamment servir à payer un dividende aux actionnaires.

Enfin, le placement de Winoa, présenté la semaine dernière, n'était toujours pas sorti hier. De sources de marché, la structure serait elle aussi en passe d'être revue.

Si les investisseurs tirent la corde de rappel, les transactions continuent malgré tout à sortir, et à des conditions plus favorables aux émetteurs qu’il y a un an. Europcar en est un bon exemple. Le loueur de véhicules, étrillé lors de sa précédente émission obligataire en 2012, a levé la semaine dernière 350 millions d’euros à un rendement de 5,125%.

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