Le marché primaire du crédit reste en état de reprise fragile
Après un mois de janvier record, un retour de la volatilité sur les indices et l’attentisme de certains émetteurs risquent de peser sur l’activité
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Violaine Le Gall
Les émissions d’obligations corporate ont toujours la cote auprès des investisseurs. Pas moins de 14 milliards d’euros ont été émis depuis le début de mois de février. Après un mois de janvier record en termes d’émissions, avec près de 50 milliards d’euros d’obligations nouvelles vendues, l’activité a logiquement ralenti. Mais elle reste soutenue pour une période de publications de résultats. Hier, ThyssenKrupp a par exemple levé 1,5 milliard d’euros en deux tranches et a pu réviser en baisse de 20 points de base la marge offerte aux investisseurs, ce qui témoigne de leur intérêt persistant pour la classe d’actifs.
Très prudents en début d’année, les stratégistes crédit commencent à revoir en hausse leurs prévisions d’émissions pour l’année. L’accès au crédit pour certains émetteurs semble en effet plus aisé qu’anticipé. Les stratégistes crédit de Société Générale tablent à présent sur 150 milliards d’euros d’émissions non financières en 2009 contre une précédente estimation de 80 à 120 milliards d’euros. Et Natixis relève sa prévision de 113 à 131 milliards d’euros.
«Les utilities devraient rester actifs compte tenu de leurs besoins importants. Pour cette même raison, les constructeurs automobiles pourraient quant à eux davantage emprunter sur le marché car pour l’heure, ces derniers ainsi que les équipementiers ont été plutôt absents à l’exception des allemands et de Toyota», explique Karim Mezani, responsable de la syndication corporate et financière chez Natixis. Des opérations de fusions-acquisitions, à l’image de la reprise de Wyeth par Pfizer pour 68 milliards de dollars, pourraient aussi se traduire par le lancement de nouveaux emprunts.
Mais des incertitudes pèsent sur le rythme des émissions à venir. «Des émetteurs ne sont pas encore venus sur le marché depuis sa réouverture, observe Karim Mezani. L’activité dépendra du moment qu’ils choisiront pour lancer des opérations. L’incertitude est grande à ce sujet, certains attendant peut-être une éventuelle baisse des marges pour se financer sur le marché obligataire.» L’activité primaire pourrait aussi souffrir d’une réallocation de fonds vers les actions de la part de sociétés de gestion.
De mauvaises nouvelles macroéconomiques et une plus forte volatilité sur les indices de dérivés de crédit pourraient aussi pousser les investisseurs à une plus grande prudence.
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