Le marché parie sur une offre de pétrole plus limitée en 2011
Le marché du pétrole est à un point d’inflexion. Le prix du baril de brut à New York qui se traitait jeudi à 88,60 dollars le baril, a entamé la semaine sur les chapeaux de roue en touchant mardi les 90,76 dollars, un plus haut depuis mi-octobre 2008. Le cours du brut est ainsi sorti de la zone de confort de 70-90 dollars indiquée par le ministre du Pétrole d’Arabie saoudite et membre de l’Opep, Ali al-Naimi.
Surtout, la courbe des prix à terme du brut s’est retrouvée cette semaine, pour la première fois depuis un an selon Barclays Capital, en situation de déport (backwardation), les prix sur les maturités allant de janvier 2011 à mai 2012 étant supérieurs à ceux des échéances juin 2012 à décembre 2012. Les contrats décembre 2011 se traitent avec une prime de 93 cents par rapport à ceux de décembre 2012. Cette dynamique, qui a touché d’abord le cuivre en novembre, s’est aussi étendue au Brent et au gaz naturel.
Elle s’explique, dans le cas du brut, en partie par le repositionnement des hedge funds qui ont accru de 18% leurs positions spéculatives sur le marché des futures à l’issue de la semaine close le 30 novembre à 164.204 contrats. Une hausse record depuis octobre 2009. En achetant les contrats plus proches de leur expiration et vendant ceux à maturité plus longues, les spéculateurs parient sur une offre plus limitée en 2011.
Cette situation s’explique selon BarCap par «l’appréciation accrue d’une demande mondiale exceptionnellement forte, un déclin des stocks de l’OCDE et la réduction de la capacité disponible de l’Opep». La semaine passée, les stocks de bruts aux Etats-Unis ont baissé, de 3,82 millions de barils à 355,9 millions d’euros, contre 1,4 million attendu, alors que la demande de carburants traités par les raffineurs a bondi de 8,3% à 20 millions de barils par jour. En septembre, les stocks de l’OCDE avaient chuté de 42,8 millions de barils à 2,75 milliards.
Déjà soutenu par les rachats de Treasuries de la Fed, qui nourrit la baisse du dollar et l’hiver, le prix de l’or noir devrait bénéficier de l’immobilisme de l’Opep. L’Organisation devrait maintenir samedi ses quotas de production, les ministres d’Angola, de Lybie et du Venezuela ayant déclaré que l’objectif de 24,84 millions de barils par jour sera probablement prolongé. Certains membres ont jugé qu’un baril à 100 dollars n’affecterait par la croissance mondiale et que les stocks restent à des niveaux records.
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Londres - Plusieurs partis d’opposition ont appelé jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer à démissionner, après de nouvelles informations sur la nomination de l’ex-ambassadeur aux Etats-Unis Peter Mandelson malgré ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Le journal The Guardian a révélé jeudi que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025 malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents. Des responsables du Foreign Office ont décidé d’aller «contre la recommandation» de ce service, a confirmé jeudi un porte-parole de Keir Starmer, qui a affirmé que ni le Premier ministre, ni aucun membre de son gouvernement «n'étaient au courant» de ces éléments «avant le début de la semaine». Le Foreign Office a dit jeudi par la voix d’un porte-parole «travailler en urgence» à apporter des réponses sur l’octroi de cette habilitation. Début février, Keir Starmer avait déclaré à la presse qu’un «contrôle mené de manière indépendante par les services de sécurité» avait permis à Peter Mandelson d’obtenir «l’habilitation nécessaire pour occuper ce poste». Le cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé jeudi sur X que «Starmer a trahi la sécurité nationale» et doit donc «démissionner». Le leader des libéraux-démocrates, Ed Davey, a lui affirmé que «si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir». Le Premier ministre, qui a limogé Peter Mandelson en septembre 2025, a accusé l’ex-ambassadeur d’avoir «menti de manière répétée» à Downing Street sur l'étendue de ses liens avec le criminel sexuel. Cette affaire a fragilisé le chef du gouvernement britannique, cible de critiques depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer à l’un des postes les plus prestigieux de la diplomatie britannique cet ami du financier américain décédé en prison en 2019. Le porte-parole de Keir Starmer a réaffirmé jeudi la détermination du gouvernement à publier les documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson, dont une première partie a été rendue publique en mars. Ils ont permis d’apprendre que M. Starmer avait été averti du «risque réputationnel» posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer. La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l’ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces derniers suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010. © Agence France-Presse