Le marché obligataire s’expose à une déception au Conseil européen
L’optimisme relatif du marché ces derniers jours touche ses limites. La détente observée sur les marchés obligataires, dans l’espoir d’un accord au sommet des chefs d’Etat européens de demain, s’est inversée hier en cours de séance, lorsqu’un dirigeant allemand a douché les anticipations des investisseurs.
«Mon pessimisme est lié à la situation d’ensemble que l’on connaît à ce jour : les institutions et les Etats membres devront faire des concessions sur beaucoup de questions pour obtenir la réforme du traité que nous souhaitons», a indiqué cette source à Berlin. Il n’est pas sûr non plus que le Conseil européen de vendredi tranche la question d’un recours au FMI face à la crise de la dette en zone euro.
Le taux italien à 10 ans, qui est passé de 7,26% à 5,87% en quelques jours et refluait hier matin vers les 5,75%, s’est de nouveau tendu pour toucher les 6% suite à ces déclarations.
Les marchés n’attendent pas de miracle du sommet, mais des mesures assez engageantes en termes de gouvernance de la zone euro pour que la BCE puisse accroître ses interventions sur le marché. «L’amélioration du sentiment est venue du fait que le sommet pourrait déboucher sur un accord d’intégration fiscale plus poussée nécessitant des changements mineurs des traités européens. Donc plus faciles à mettre en œuvre, et suffisants pour que la BCE sauvegarde la stabilité à court terme des marchés obligataires», indique Valentin Marinov, stratégiste chez Citigroup. David Mackie, économiste chez JPMorgan, pense lui aussi que «les dirigeants européens feront un pas en avant et non pas le saut quantique que la banque centrale réclame; néanmoins, la BCE augmentera son action de manière significative». Un calcul qu’a fait l’ensemble des investisseurs jusqu’au coup de semonce de Berlin hier.
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