Le marché obligataire rouvre au prix fort pour les émetteurs périphériques
La demande a été élevée pour les titres Iberdrola, Enel et Telecom Italia. Ce dernier a dû offrir un coupon de 7 %
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Violaine Le Gall
Les émetteurs non financiers des pays périphériques ont réussi à revenir sur le marché primaire obligataire, portés par la détente sur les spreads de crédit ces deux dernières semaines. L’indice iTraxx Europe s’est détendu de 33 points de base (pb) à 174 pb depuis le 4 octobre. Dans cet environnement porteur, Iberdrola et Telecom Italia ont choisi de tester l’appétit des investisseurs le 13 octobre et Enel a émis hier deux lignes pour 2,25 milliards. Depuis la rentrée, seules les entreprises des pays européens jugés plus solides avaient animé le segment, en particulier les groupes français à l’origine de 10 des 15 émissions recensées par SG CIB.
Le retour sur le marché est coûteux pour les émetteurs périphériques, en particulier pour Telecom Italia. L’opérateur télécom a dû offrir un coupon de 7 %. C’est la première fois depuis 2009 qu’un groupe de la catégorie investment grade fixe un coupon aussi élevé, relève SG CIB.
A ce prix, la demande est au rendez-vous. Le livre d’ordres a atteint 4 milliards d’euros pour l'émission de 750 millions de Telecom Italia. Et Iberdrola a reçu plus de 4,5 milliards d’euros d’ordres pour un placement de 600 millions. Enfin, le livre d’ordres d’Enel est monté à 10 milliards pour une émission en deux tranches de 2,25 milliards.
L'émission délicate de Carrefour vendredi dernier n’a donc pas refroidi les investisseurs. Le distributeur avait d’abord mis à prix ses titres avec une marge de 250 pb par rapport au taux midswap. Mais, durant l’opération, Moody’s a annoncé avoir placé sous surveillance les notes du groupe en vue d’un éventuel déclassement, ce qui a contraint l'émetteur à relever le spread offert à 285 pb. Malgré cela, le rendement des titres se resserrait hier. «Pour les investisseurs, la meilleure place pour réinvestir le cash est le marché primaire, plutôt que le marché secondaire, et ce d’autant plus que les nouvelles émissions exercent une pression sur les titres existants», expliquent les stratégistes crédit d’ING.
Dans l’hypothèse où le climat reste porteur, d’autres émetteurs se préparent. «Plusieurs émissions sont dans le pipeline, avancent Juan Esteban Valencia et Suki Mann, stratégistes crédit de SG CIB. A 66,8 milliards d’euros, nous sommes encore loin de notre objectif d'émissions de 90 milliards d’euros, déjà révisé en baisse, mais nous pourrions bien finir l’année à un niveau proche si le ton actuel se maintient». Ce qui est encore incertain.
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