Le marché obligataire bancaire souffre des tensions sur la dette italienne
Les spreads se sont nettement tendus la semaine dernière. Les émetteurs non financiers sont également touchés
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Violaine Le Gall
Marquée par de fortes tensions sur la dette souveraine italienne, la semaine passée a également été mouvementée pour la dette bancaire. L’indice iBoxx sur les obligations bancaires seniors s’est écarté de 18 points de base (pb) à 245 pb et celui sur les subordonnées de 47 pb à 735 pb, des niveaux cependant bien inférieurs au pic de début octobre. «Nous restons à sous-pondérer sur les obligations bancaires, en particulier sur la dette subordonnée en raison de la possibilité que la participation aux pertes se développe pour les banques les plus petites de la zone euro, qui ne seraient pas capables de réduire leur effet de levier en levant des capitaux», explique Alberto Gallo, stratégiste crédit senior chez RBS.
Qu’ils appartiennent au secteur financier ou non, les émetteurs italiens ont été particulièrement touchés. La semaine dernière, les titres bancaires tier 1 italiens sont tombés à leur plus bas niveau de l’année, entre 55 et 60% du pair. Plus généralement, les émetteurs corporates ont en moyenne sous-performé le marché européen du crédit, hors Italie, de 62 pb, sur les dix séances jusqu’au 9 novembre, relève Barclays Capital. Les refinancements à venir des émetteurs italiens s’annoncent particulièrement difficiles, le marché primaire du crédit leur étant quasiment fermé. Et les émetteurs non financiers pourront de moins en moins se reposer sur l'épargne italienne. «La demande domestique ne sera pas suffisante pour absorber les besoins de refinancement si la croissance ralentit et si les impôts augmentent. Les obligations placées auprès des particuliers ont d’ailleurs sous-performé récemment les émissions institutionnelles», note le spécialiste de RBS.
Le marché primaire du crédit en euro n’est toutefois pas totalement fermé : 2,75 milliards d’euros ont été émis la semaine dernière. «Le marché primaire a montré des signes de résistance face à un environnement difficile et ceci nous fait espérer que nous assisterons à un flux constant de transactions dans les semaines à venir», estiment Juan Esteban Valencia et Suki Mann, stratégistes crédit de SG CIB. En plus des 79 milliards d’euros d'émissions non financières depuis le début de l’année, ils tablent sur 11 milliards d’opérations supplémentaires d’ici fin décembre, contre 110 milliards d’euros en 2010. Aucune émission de dette senior bancaire n’a en revanche eu lieu depuis deux semaines.
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