Le marché nippon est revenu à ses niveaux de valorisation post-Lehman
Les actions japonaises traitent à des multiples qui supposeraient un effondrement de la croissance mondiale
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Nuno Teixeira, Schroders
Alors que, fin 2010, les perspectives s’annonçaient encourageantes pour les entreprises du Japon - dont près de 30% du résultat d’exploitation vient désormais des autres pays d’Asie et notamment de Chine – l’année 2011 s’est soldée par un recul du Nikkei de 16%. Les sociétés nippones ont dû subir coup sur coup l’impact du tremblement de terre et de la catastrophe de Fukushima, les effets indirects des inondations en Thaïlande (pays clé pour l’approvisionnement des géants nippons de l’automobile et de l’électronique) et bien sûr la vigueur renouvelée du yen.
Le graphique ci-contre analyse l’évolution des multiples de cours/valeur nette comptable et montre à quel point les valeurs japonaises sont tombées à des niveaux de décote extrêmes par rapport aux valeurs américaines et européennes. Tokyo est ainsi le seul des grands marchés mondiaux à être revenu à ses niveaux d’octobre 2008, se traitant désormais en dessous d’une fois la «book value». Le constat est identique si l’on analyse l’écart entre le rendement des dividendes attendus et celui des emprunts d’Etat, proche de 1,5% en faveur des premiers.
Or, si les sociétés japonaises n’ont pas encore retrouvé les chiffres d’affaires de 2007, elles ont très sensiblement amélioré le niveau de point mort en termes de revenus. En outre, les résultats des entreprises les plus touchées par les catastrophes naturelles de 2011 devraient se normaliser sur la prochaine année fiscale. Schroders, comme beaucoup d’experts de ce marché, table ainsi sur une progression moyenne des résultats de l’ordre de +15% permettant au rendement moyen des fonds propres de dépasser les 8%. Un niveau qui suggère des multiples de valorisation sensiblement supérieurs à ceux observés aujourd’hui.
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