Le marché ne croit pas au gonflement d’une bulle sur les actions
Malgré les records du S&P 500, les niveaux de valorisations des entreprises restent cohérents avec les fondamentaux économiques
Publié le
Olivier Pinaud
Le marché ne croit pas au gonflement d'une bulle sur les actions
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Les marchés actions américains sont-ils entrés dans une nouvelle phase de bulle? Alors que le S&P 500 continue de battre ses records (2.000,02 points hier à la clôture), la question résonne de plus en plus souvent. La faiblesse des rendements obligataires et la remontée des multiples de valorisation ressemblent pour certains à un signal de préparation d’une prochaine correction qui pourrait commencer par le marché du crédit avant de se propager dans une seconde phase sur les actions.
«Nous sommes dans la zone des valorisations élevées, mais certainement pas aux niveaux de bulle atteint en 2000», relativisent les stratèges actions de JP Morgan. Selon Citigroup, les actions américaines capitalisent 16,6 fois la prévision de bénéfices pour 2014 et 14,8 fois celle pour 2015, bien loin des multiples constatés en 2000, plus proches de la trentaine. En Europe, Grande-Bretagne comprise, les marchés actions capitalisent 14,5 fois les résultats attendus pour 2014 et 12,9 fois ceux pour 2015. Les indices européens restent loin de leurs records. Le décalage de valorisation entre Etats-Unis et Europe n’est pas choquant. 84% des entreprises américaines du S&P 500 ont annoncé des résultats conformes, voire supérieurs, au consensus, contre un taux de 59% pour l’indice européen Stoxx 600. Les stratèges actions de la Société Générale expliquent la différence par «une meilleure qualité de prévisions et une croissance plus forte du PIB» aux Etats-Unis.
Selon JPMorgan, les marchés actions n’ont pas atteint leurs plus hauts, des deux côtés de l’Atlantique. Si la déflation qui menace l’Europe peut constituer un vent contraire, ses analystes voient l’accélération de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises jouer son rôle de premier soutien alors que la prime de risque est déjà revenue à des niveaux faibles.
Les stratèges de Deutsche Bank rappelaient récemment que la prévision de résultats sur douze mois glissant de l’indice MSCI World n’a été ajustée à la baisse que de 0,3%, entre mi-juillet et mi-août, après -0,1% le mois précédent. Un signe selon eux de la résistance des corporates à un environnement macroéconomique confronté à une montée des risques géopolitiques et à des statistiques économiques décevantes.
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