Le marché monétaire peut encaisser des mois de remboursements de LTRO
Le marché monétaire pourra encore supporter sans frémir plusieurs mois de remboursements de LTRO de la part des banques. Alors que ces dernières annoncent chaque vendredi reverser par anticipation à la BCE les fonds reçus lors des deux injections à 3 ans de décembre 2011 et février 2012, la Banque centrale européenne a étudié le phénomène dans son bulletin mensuel de juillet publié la semaine dernière. L’institution semble plus confiante sur le niveau d’excédent de liquidité du système bancaire.
Mario Draghi avait estimé à 200 milliards le niveau d’excédents au-delà duquel le taux Eonia restait calé légèrement au-dessus de celui de la facilité de dépôt, aujourd’hui à zéro. Dans son bulletin mensuel, la BCE l’évalue désormais «dans une fourchette de 100 à 200 milliards d’euros». En deçà, les taux monétaires commenceraient à s’écarter du taux de la facilité de dépôt.
Le premier remboursement anticipé de 137 milliards d’euros de LTRO le 25 janvier 2013, qui s’était révélé bien supérieur au consensus de 100 milliards, avait d’ailleurs fait décaler à la hausse la structure à terme des taux courts. Depuis ce pic de janvier, les contrats forward Eonia se sont repliés. «Les participants du marché ont bien réussi à anticiper les flux de remboursements et se sont vite adaptés», note la banque centrale.
«La BCE semble avoir une interprétation plus souple qu’auparavant du point qui déclencherait une pression à la hausse sur les taux courts, indique Ken Wattret, co-responsable de la recherche économique Europe chez BNP Paribas CIB. Au rythme actuel de remboursements hebdomadaires moyens de 5 milliards d’euros, la borne haute de la fourchette serait atteinte dans 3 mois environ». A la date du 11 juillet, l’excédent de liquidités approchait 272 milliards d’euros.
Le 12 juillet, sept banques ont annoncé le remboursement par anticipation de 1,2 milliard de LTRO. Plus de 300 milliards d’euros, soit 60% de l’injection nette de fonds réalisée à l’époque, ont déjà été retournés au guichet de la BCE. Les banques justifient leur choix par «la disponibilité d’un financement de marché compétitif et de moindres besoins de coussins de liquidité», note l’institut d’émission.
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