Le marché monétaire en zone euro attend une remontée sensible de la liquidité
La liquidité excédentaire en zone euro remonte lentement. L’opération MRO de refinancement à une semaine menée hier par la BCE a engendré une baisse de liquidités dans le système de 15 milliards d’euros. Un montant qui s’ajoute aux 20 milliards déjà retirés par les remboursements de LTRO à 3 ans ainsi qu’à la baisse prévue des facteurs autonomes de 3,5 milliards anticipée cette semaine par la BCE.
S’ils ont déçus les attentes, les 82,6 milliards injectés grâce à la première opération TLTRO devraient néanmoins être suffisants pour faire grimper les liquidités excédentaires de 85 milliards hier à environ 135 milliards d’euros en fin de semaine.
Un niveau qui devrait se maintenir la semaine prochaine et faire repasser l’Eonia en territoire négatif entre 0 et -5 pb, selon Barclays. Le marché monétaire est resté sage depuis une semaine avec un taux Eonia qui est revenu fixer en territoire légèrement positif à 0,2 pb, et un taux Euribor 3 mois à 8 pb. CA CIB anticipe «une hausse progressive du niveau de liquidité pour dépasser le seuil des 250 milliards d’euros mi-2016», ce qui permettrait au taux Eonia de venir tester le seuil de -10 pb d’une manière durable, contre une anticipation issue des taux «forward» de -8 pb.
Barclays est plus agressif en tablant sur une liquidité supérieure à 200 milliards à l’issue de la deuxième opération TLTRO de décembre. Celle-ci permettra aux banques de la périphérie de transformer leurs prêts LTRO à 3 ans en TLTRO à 4 ans. Ce niveau semble cependant insuffisant pour voir la taille du bilan de la BCE progresser de 1.000 milliards d’euros. Si Mario Draghi n’a pas fixé de délai à cet objectif, CA CIB estime que pour l’atteindre à horizon deux ans, entre 500 et 700 millions de rachats d’actifs seront nécessaires, alors qu’une hausse du bilan plus raisonnable de 750 milliards à horizon 18 mois nécessiterait un rythme de rachats de 10 milliards par mois.
Ces mesures passeraient néanmoins plus par un ajustement des programmes existants que par le lancement d’un programme de rachats d’obligations d’Etat (QE). D’autant que «Mario Draghi considère que le programme d’achat d’ABS constitue un QE» dans la mesure où il vise à «provoquer une augmentation du bilan de la BCE qui ne dépende pas de la demande des banques», comme le rappelle Aurel BGC. L’impact de ce programme sur la liquidité reste néanmoins aujourd’hui difficile à estimer, même si son lancement est prévu dès le mois prochain.
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