Le marché immobilier résidentiel chinois est à l’aube d’une année 2012 morose

A long terme, l’essor de la demande semble un soutien plus puissant que les restrictions imposées par le pouvoir central contre la spéculation
Benoît Menou
Une vue de Shanghai.
 -  Photo Kevin Lee/Bloomberg

Le marché immobilier résidentiel chinois reprend son souffle. Selon les statistiques du principal site local dédié au secteur, SouFun, les prix ont accusé le mois dernier un recul de 0,28% par rapport au mois d’octobre, pour lequel déjà ils avaient cédé 0,23%. En novembre les prix ont baissé dans 57 des 100 agglomérations scrutées par la société, y compris dans les dix plus importantes.

Les mesures mises en œuvre cette année par le gouvernement chinois afin de limiter l’investissement spéculatif privé dans une quarantaine de villes contribuent grandement à cette évolution. Le Premier ministre Wen Jiabao a affirmé que la remise en cause de ces mesures, passant par des exigences renforcées en termes d’apport, n’était pas à l’ordre du jour.

Et la fébrilité constatée par SouFun «n’est qu’un début» aux yeux de l’analyste de Credit Suisse Jinsong Du, qui table sur une année 2012 morose. Responsable de la gestion marchés émergents chez Franklin Templeton Investments, Mark Mobius estime de son côté que les prix de l’immobilier résidentiel pourraient chuter de 15 à 30% d’ici deux ans. Pis, l’analyste de Nomura Zhang Zhiwei assure que la probabilité d’une croissance économique chinoise inférieure à 8% au premier trimestre est renforcée par l’impact de l’évolution de l’immobilier sur l’acier ou autres matériaux de construction.

Pour autant, le marché semble reposer sur des bases solides. Economiste chez Natixis, Bei Xu souligne l’effet «immédiat et artificiel» des mesures administratives sur les volumes et désormais sur les prix. Le repli du marché se poursuivra à ses yeux tant que les restrictions seront en place. Or, pour l’économiste Huang Yiping de Barclays Capital, «le gouvernement devrait ‘ajuster à la marge’ voire renoncer aux restrictions si les prix cèdent 20%».

Surtout, l’analyste de Natixis veut croire au maintien d’une demande dynamique en biens immobiliers «pour encore au moins dix ans», sur fond d’urbanisation ou d’évolution de la société chinoise. Face à ce puissant soutien, les restrictions imposées par Pékin apparaissent comme une «mesure d’urgence» face à la grogne sociale. L’équilibre du marché à long terme nécessite ainsi la confirmation des efforts publics dans le logement à bas coûts et dans le développement du système financier.

Pour l’heure en effet, l’investissement immobilier constitue encore un premier choix pour les particuliers aisés.

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