Le marché immobilier est la clé de voûte de la reprise américaine

Dans son rapport annuel sur l’économie américaine, le FMI estime qu’une reprise de l’immobilier permettrait de relancer l’activité et l’emploi
Patrick Aussannaire

Le rapport annuel du Fonds Monétaire International sur l’économie américaine publié hier fait du marché immobilier la clé de voûte d’une reprise de l’activité dans le pays et de la baisse du taux de chômage. «C’est clairement un domaine qui soutiendra la croissance américaine sur le moyen terme et bien entendu un raffermissement du marché immobilier aura toutes sortes d’implications positives… dans d’autres secteurs en relation avec l’immobilier», a ainsi estimé Gian Maria Milesi-Ferretti, économiste au FMI lors d’une conférence de presse. Et d’ajouter que «nous savons que sur les prochaines années la construction de logements aux Etats-Unis et la baisse du stock de logements impliquera un besoin d’environ 1,5 million de maisons à construire par an.»

Le FMI prévoit ainsi que la croissance de l’économie américaine rebondira des 2% qu’elle connaît actuellement à 3,4% d’ici à 2016 et 3,3% d’ici à 2017. Mais Gian Maria Milesi-Ferretti estime qu’il est difficile de savoir si le ralentissement de la croissance au deuxième trimestre était temporaire ou s’il s’agissait d’un point de retournement de conjoncture.

Dans ce contexte, le FMI estime que la Fed possède des marges de manœuvre dans le cas où l’économie se détériorerait. Mercredi soir, la Fed a d’ailleurs clairement évoqué cette éventualité. Pourtant, plusieurs membres du comité exécutif du FMI doutent de l’efficacité d’un nouveau programme de rachat d’actifs «dans l’environnement de taux bas actuel».

Certains économistes partageant les mêmes doutes estiment que des mesures ciblées sur le marché immobilier seraient en effet plus efficaces. «L’annonce d’un ‘QE3' investi sur les obligations d’Etat ou de RMBS serait très positif pour la Bourse à court terme», estime ainsi Aurel BGC. Et BIL Finance d’expliquer que «c’est de là que tout est parti et c’est encore ce domaine qui pèse sur le moral de millions de ménages. C’est en outre un frein majeur à la mobilité géographique qui entrave la reprise de l’emploi.»

La politique fiscale est également pointée du doigt par le FMI qui estime urgent de lever le voile sur le «précipice fiscal» de 4.000 milliards de dollars correspondant aux expirations des réductions d’impôts et à la réduction automatique des dépenses l’année prochaine. Sans un accord politique, la croissance pourrait tomber à un niveau presque nul cette année et même virer en zone de contraction l’année prochaine.

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