Le marché immobilier espagnol approche de son point bas
Le marché immobilier espagnol commence à voir le bout de la crise qui a plongé le pays dans une profonde récession. La chute des prix du logement en Espagne a ralenti à un rythme de 3,5% sur un an au premier trimestre, selon les chiffres publiés hier. S’il s’agit de la plus faible contraction depuis mi-2010, le marché immobilier espagnol enregistre néanmoins son vingt-deuxième trimestre consécutif de baisse.
Depuis le point haut atteint début 2008, les prix accusent une chute de 36,2%, et le nombre de logements vides est estimé à plus d’un million. Malgré cette forte correction, Fitch s’attend à une poursuite de la baisse des prix cette année, avant une stabilisation en 2015.
Si la cure d’amaigrissement du bilan du secteur bancaire a très fortement pesé sur la capacité d’octroi de prêts hypothécaires, l’Institut national des statistiques a constaté un léger rebond de 2% des prêts immobiliers au mois de mars, sa première hausse depuis avril 2010. La production de prêts hypothécaires est tombée à 26 milliards fin 2013, mais reste loin des plus hauts de 173 milliards enregistrés en 2007. Le conseil des notaires a signalé une hausse de 45% des ventes de logements au premier trimestre avec la sortie de récession du pays.
Avec la baisse des prix, le marché espagnol devient également attractif pour les investisseurs étrangers. La Banque d’Espagne a récemment mis en avant ce regain d’intérêt, avec une hausse des achats de 16% sur 2003 à 6,45 milliards d’euros, le niveau le plus élevé depuis 2004. Les investissements étrangers auraient ainsi représenté 21,4% des ventes de logements l’an dernier.
Dans une étude publiée hier, Cushman & Wakefield constate par ailleurs «un fort intérêt» des investisseurs en immobilier commercial pour le marché espagnol. Symboliquement, Lone Star et JPMorgan auraient fait des offres de respectivement 3,7 et 3,9 milliards d’euros pour racheter un portefeuille de prêts d’immobilier commercial en Espagne d’une valeur faciale estimée à 4,5 milliards détenus par Commerzbank, selon des sources concordantes. Une cession qui pourrait être bouclée très prochainement et qui serait suivie de celle d’un portefeuille de prêts immobiliers résidentiels. Nommé «Projet Hercule», il est mis en vente par l’établissement espagnol Catalunya Banc nationalisé en 2011, pour une valeur de près de 7 milliards d’euros.
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