Le marché immobilier chinois concentre toutes les inquiétudes

La poursuite de la baisse des prix immobiliers en Chine coïncide avec un probable défaut obligataire d’une société de construction
Patrick Aussannaire

Où s’arrêtera la baisse du marché immobilier chinois? Les dernières statistiques officielles montrent une baisse des prix des nouveaux logements en juin dans 55 des 70 villes étudiées, de 0,5% en moyenne par rapport à mai. Un record, avec des baisses de 0,6% sur un mois à Shanghai et Guangzhou, la plus forte depuis janvier 2011, et 0,4% à Shenzhen. «Pour l’instant, il s’agit plus d’une normalisation des excès passés que d’une véritable correction», explique SG CIB. Sur un an, les prix progressent toujours à un rythme de 4,2% qui a néanmoins ralenti par rapport à celui de 5,6% en mai.

«Une correction sensible des prix et de l’investissement immobiliers paraît inévitable, même si sa durée et son ampleur restent incertaines», estime SG CIB. Les ventes de logements ont reculé de 9,2% au premier semestre, avec une chute de 39% du montant des prêts accordés par les sociétés fiduciaires («trust loans»).

La situation fragilise le secteur. La société de construction Huatong Road & Bridge ne devrait pas être en mesure d’honorer les 400 millions de yuans dus cette semaine sur son obligation d'échéance juillet 2023. Ce qui constituera le deuxième défaut obligataire en Chine après celui de Chaori Solar Energy, mais le premier touchant le secteur immobilier et le marché interbancaire. La société, pourtant notée AA-, pourrait même faire défaut sur ses intérêts et son principal. Selon China News Service, plus de 90% des sociétés immobilières chinoises ne pourront pas atteindre leurs objectifs annuels de ventes sans une baisse des prix.

A fin mars, le poids des prêts bancaires aux promoteurs restait limité à 4.900 milliards de yuans, soit 8,6% du PIB chinois. Pourtant, en y ajoutant l’encours des obligations émises par les promoteurs, les «trust loans» et autres financements, SG CIB estime l’exposition du système financier au secteur à 80% du PIB. En outre, «une baisse trop importante des prix immobiliers aurait un impact sur la valeur des terrains utilisés comme collatéral des crédits bancaires et parallèles, ce qui augmente le risque de crédit du bilan bancaire», précise Natixis.

Dans ce contexte, «si la baisse se poursuit, les autorités devront accélérer ou au moins stabiliser la croissance du crédit pour éviter un atterrissage brutal de l’économie», estime SG CIB.

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