Le marché high yield américain souffre de la baisse du prix du pétrole

La différence entre l’indice Bank of America des sociétés high yield américaines et l’indice global a atteint son plus haut niveau depuis 2002.
Patrick Aussannaire

La chute des prix du pétrole pèse sur la performance du marché «high yield» (HY) américain. L’indice Barclays mesurant le prix moyen des obligations d’entreprises américaines notées en «catégorie spéculative» a ainsi reculé de 4% sur le mois écoulé pour revenir à 1.594,47, son plus faible niveau depuis février dernier.

La performance offerte par la classe d’actifs est tombée à seulement 0,8% depuis le début de l’année. Il s’agit de la plus mauvaise depuis l’année 2008, après +7,44% enregistrés en 2013 et +15,8% en 2012. Depuis le mois de juin, les investisseurs ont d’ailleurs réduit leur exposition au marché HY américain à hauteur de 22 milliards de dollars, avec 1,9 milliard supplémentaire sur la seule semaine achevée mercredi dernier, selon les données fournies par Lipper.

Cette contre-performance est notamment due à celle du secteur de l’énergie, l’indice Bank of America ML des sociétés HY américaines sur ce segment ayant sous-performé l’indice HY global, composé à 14% de sociétés énergétiques. Au sein de ce secteur, les spreads ont ainsi atteint un niveau supérieur de 193 pb à ceux de l’indice élargi début décembre. Un écart au plus haut depuis 2002 et largement supérieur à sa moyenne de 101 pb sur les treize dernières années. «Il semblerait que le marché intègre actuellement une évolution structurelle du cours du pétrole», expliquent les analystes de Muzinich & Co. Le cours du Brent a dévissé de 40% depuis fin août pour tomber hier à 62,37 dollars le baril, son plus faible niveau depuis juillet 2009 et désormais inférieur de 5 dollars à sa moyenne des 15 dernières années.

«En analysant de plus près le secteur de l’énergie sur le marché HY américain, il semblerait que cet élargissement des spreads soit exagéré», estime néanmoins Muzinich & Co. La société met en avant les taux de défaut du secteur largement inférieurs à la moyenne du marché HY (1,49% contre 3,12%), le recul plus marqué des prix du gaz naturel qui n’a pas déstabilisé les taux de défaut du secteur, mais aussi un profil de maturité de la dette avec peu d’échéances sur les prochaines années et un profil de notation supérieur à celui du HY.

Plus de 50% de l’indice BoA ML Energy est composé d’émissions notées «BB» et près de la moitié du volume d’émissions placées par le secteur sur le marché primaire cette année (60 milliards de dollars) est noté «BB3».

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