Le marché du high yield s’engage vers plus de transparence
L’association professionnelle AFME demande aux émetteurs de fournir plus d’informations sur leurs dettes et leur structure juridique
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Violaine Le Gall
En mai dernier, un groupe de trente investisseurs avait alerté sur le manque de transparence des obligations à haut rendement. L’association pour les marchés financiers en Europe (AFME) vient de répondre à leurs préoccupations en mettant à jour son guide de bonnes pratiques qui datait de 2008. Précisément, elle demande aux émetteurs high yield de fournir des informations sur leurs lignes de dettes existantes et sur leur structure juridique, afin que les investisseurs puissent identifier à quels niveaux les autres dettes sont portées.
«Concernant la publication des arrangements entre les créanciers obligataires et bancaires (intercreditor agreement) qui régissent les droits de chacun, le pli est pris, observe Bertrand Sénéchal, associé chez Shearman & Sterling. Les descriptions seront plus détaillées dans les offering memorandums. Mais quant à la mise à disposition de l’intégralité de la documentation de la dette bancaire, demandée par les investisseurs, j’ai plus de doutes, sachant que ces documents sont confidentiels.»
Les bonnes pratiques de l’AFME ne règlent pas un problème plus profond entre créanciers obligataires et bancaires lorsqu’ils sont à égalité en termes de séniorité. «Les banques souhaitent garder la majorité des droits de vote dans l’exercice des droits dont elles et les créanciers obligataires disposent et pour la réalisation des sûretés, même si la dette obligataire devient plus importante», explique Bertrand Sénéchal.
Le marché du high yield est fermé depuis l'été mais «les restrictions réglementaires, et d’autres facteurs comme le montant important de dettes qui arrivera à maturité et nécessitera un refinancement dans les prochaines années, renforcent notre conviction selon laquelle le marché s’améliorera à court ou moyen terme», indique Gary Simmons, directeur de la division finance à effet de levier de l’AFME.
Les recommandations de l’association «soutiendront le développement du marché européen du high yield si elles sont largement adoptées», anticipe de son côté l’agence de notation Fitch. Ceci dépendra de la structure du marché. Si, comme au premier semestre 2011, l’appétit des investisseurs est très fort, les émetteurs ne seront pas poussés à faire des efforts en matière de transparence.
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