Le marché du crédit en zone euro reprend des couleurs
Les conditions d’octroi de crédit par les banques s’assouplissent tandis que la demande progresse. La timidité de la reprise reste un frein.
Publié le
Solenn Poullennec
Les banques de la zone euro continuent de desserrer les cordons de la bourse. Elles ont assoupli leurs conditions d’octroi de crédit aux entreprises et aux ménages au troisième trimestre, à en croire l’enquête menée par la Banque centrale européenne (BCE). Le sondage réalisé entre la fin du mois de septembre et le début du mois d’octobre « plaide en faveur de l’idée selon laquelle le pire du cycle de crédit pourrait être derrière nous», affirme l’économiste d’ING, Martin van Vliet.
La part des banques qui ont resserré leurs conditions d’octroi de crédit aux entreprises était moins importante que la part des banques qui se sont montrées plus souples (la différence était de -2% au troisième trimestre contre -3% au trimestre précédent). Les banques se montrent aussi plus bienveillantes vis-à-vis des ménages pour l’octroi des crédits immobiliers (avec un pourcentage net de resserrement des conditions de prêts à -2% contre -4%) ou d’autres crédits (-7% vs -2%). La perception qu’ont les banques de l’environnement économique a cependant pesé sur leur volonté d’octroyer des crédits aux entreprises et aux ménages. «Le fait que les conditions de prêt s’assouplissent est positif mais [l’enquête] reflète une plus grande inquiétude vis-à-vis de l’économie dans certains domaines clés», analyse Colin Bermingham, chez BNP Paribas CIB.
Dans l’ensemble, la demande de crédit semble s’améliorer, notamment pour les crédits à l’habitat. La part nette des banques témoignant d’une augmentation de la demande sur ce segment était de 23% au troisième trimestre (contre 19% sur les mois précédents). L’amélioration est aussi sensible sur le front des prêts aux entreprises non financières (6% contre 4%). Cependant, la demande a été tirée par les besoins de financement des opérations de fusions-acquisitions et par les restructurations de dette plutôt que par les besoins d’investissement. «Cela reflète probablement une plus grande incertitude sur la reprise économique», note la BCE.
Cela n’empêche pas les banques d’anticiper un nouvel assouplissement des conditions d’octroi de crédit au quatrième trimestre pour tous les types de prêts, en plus d’une augmentation de la demande pour ces derniers. La BCE compte notamment sur ses opérations de refinancement ciblées (TLTRO) pour inciter les banques à prêter. Interrogées sur l’usage qu’elles feront des sommes obtenues lors de ces opérations, les banques ont en majorité déclaré qu’elles s’en serviraient pour octroyer des prêts.
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