Le marché des « muni bonds » chinois prend son envol
La ville de Shanghai a émis hier 3,6 milliards de yuans d’obligations à 3 ans, et 3,5 milliards à 5 ans au taux de 3,30 %. Une première
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Patrick Aussannaire
La Chine réussit son rendez-vous avec les marchés. Dans le cadre du projet pilote annoncé par le gouvernement le 20 octobre dernier, la ville de Shanghai a fait renaître le marché des «muni bonds» de ses cendres hier matin avec l’émission de 3,6 milliards de yuans d’obligations à 3 ans au taux de 3,10%, et 3,5 milliards à 5 ans au taux de 3,30%. Des rendements offerts qui sont en moyenne 5 points de base en dessous des estimations du consensus Bloomberg et inférieures aux 3,67% et 3,70% offerts aux dernières émissions réalisées par le gouvernement pour le compte des autorités locales du pays.
La province de Guangdong doit également aller sur le marché vendredi via une émission d’obligations à 3 et 5 ans de 3,45 milliards de yuans. Et la ville de Shenzhen a déjà mandaté ICBC, China Construction Bank (CCB) et China Development Bank comme principaux souscripteurs à une prochaine émission.
«Ce sont des investissements sûrs et de bonne valeur», estime Chen Qiwei, trader obligataire chez Shenzhen Development Bank. Et de préciser que «dans la mesure où les autorités centrales continuent d’effectuer les paiements pour les autorités locales, il n’existe aucun risque de défaut». L’Etat chinois a placé hier un montant de 52 milliards de yuans de titres à un an au taux de 3,4875%, un niveau inférieur au taux de référence ainsi qu’à celui de 3,5733% servi lors de la dernière adjudication le 8 novembre dernier.
«Il s’agit d’un pas important vers un financement des gouvernements locaux plus tourné vers le marché», estime Li Jieming, analyste obligataire chez Sealand Securities. La dette locale a connu une explosion par le biais de véhicules de financement parallèles suite au plan de relance initié par le gouvernement en 2008. Sur les 10.700 milliards de yuans de dette accumulés par les collectivités locales fin 2010, le gouvernement prévoit que 3.500 milliards pourraient mal tourner alors que Standard & Poor’s estime que le montant de créances douteuses serait plus proche des 9.000 milliards.
De quoi faire trembler le secteur bancaire du pays. Au troisième trimestre, la performance des grosses banques chinoises est néanmoins restée solide avec une hausse du résultat net de 28% pour ICBC, de 31% pour Bank of Communications, de 9% pour Bank of China, de 16% pour CCB et de 40% pour Ag Bank.
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