Samir Bederr, responsable de la gestion crédit & convertibles à La Banque Postale Asset Management
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Krystèle Tachdjian
- L’Agefi: Quelle tendance observez-vous sur le marché de la dette corporate?
- Samir Bederr : Nous avons eu une année rythmée par la crise souveraine, avec une alternance de modes «risk on» et «risk off» sur le crédit. Le pays d’origine comptait plus que les fondamentaux des émetteurs, et nous avons connu au deuxième trimestre un écartement très marqué des émetteurs périphériques. La crise souveraine étant rentrée dans une phase de normalisation, les investisseurs regardent à nouveau la valeur intrinsèque des entreprises. Néanmoins, une résurgence de la crise souveraine, quelle qu’en soit la raison, nous replongerait dans la même logique. Les spreads se sont aujourd’hui beaucoup resserrés, notamment du fait de liquidités importantes en recherche d’investissements dans un contexte plus serein. Le marché des nouvelles émissions, record en septembre et octobre, s’est aujourd’hui beaucoup plus assagi. Nous voyons surtout des émetteurs opportunistes animer le primaire avec des primes à l’émission quasi nulles tant la demande semble forte.
- Dans ce contexte, quelle est votre stratégie?
- Nous sommes neutres avec un biais légèrement positif sur le crédit. Il faut néanmoins être très sélectif en écartant ces émetteurs aux spreads trop serrés dont le potentiel de gain nous semble plus qu’aléatoire. Nous privilégions certains émetteurs périphériques aux fondamentaux solides mais pénalisés de manière excessive pour être originaires de l’Europe du Sud comme Telefonica et Gas Natural. Les banques seniors nous semblent également bien orientées pour combler la différence de spread qu’elles ont avec les corporates à rating équivalent.
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