Le marché des CDS est confronté à un nouveau cas d'école
Le distributeur RadioShack a été sauvé du défaut par des fonds vendeurs de protection. Manipulation pour les uns, marche normale des affaires pour l’Isda.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Alexandre Garabedian
Une entreprise en quasi-faillite sauvée par ses CDS. Telle est l’histoire peu banale de RadioShack, un distributeur américain de matériel électronique qui doit pour l’instant sa survie à l’ampleur des positions prises par les investisseurs sur ses dérivés de crédit. Un cas d'école pour le marché.
RadioShack est un petit emprunteur à l’échelle du marché: à fin novembre, sa dette bancaire et obligataire ne s’élevait qu’à 841 millions de dollars. En revanche, un volume énorme de contrats CDS est assis sur ses obligations: 25,8 milliards de dollars de positions brutes au 12 décembre, selon les statistiques de DTCC, pour une position nette de 550 millions. C’est plus que n’importe quelle autre entreprise non financière américaine, à l’exception du groupe de casinos Caesars, lui aussi en difficulté. La présence de RadioShack dans les indices de crédit expliquerait un tel volume.
De nombreux fonds ayant vendu des CDS, et donc une protection contre un défaut de l’emprunteur sur sa dette obligataire, n’ont pas intérêt à ce que RadioShack fasse défaut. Le niveau auquel traitent les contrats leur permettait d’empocher jusqu’à 6 millions de dollars de primes upfront, dès la vente, pour 10 millions de dollars de nominal assurés.
Lorsque Standard General, actionnaire de l’entreprise, a arrangé en octobre un refinancement de 585 millions de dollars pour le distributeur, il a pu compter sur le soutien de plusieurs hedge funds. DW Investment a souscrit 100 millions, et Saba, le fonds crédit de l’ancien trader star de Deutsche Bank, Boaz Weinstein, a aussi pris de la dette. Tous deux sont vendeurs de CDS sur la société, selon Bloomberg. La manœuvre a permis d’éviter de déclencher des CDS qui expiraient le 20 décembre.
Début décembre, le prêteur Salus Capital a estimé que ce refinancement violait les clauses de la dette existante et constituait un défaut. Plusieurs participants anonymes ont demandé à l’Isda, l’association professionnelle des dérivés, de prononcer un événement de crédit, soulignant que la transaction «a été structurée pour manipuler le marché des CDS». Mais l’Isda leur a donné tort.
Ironie de l’histoire, le cas du groupe espagnol de paris Codere a donné lieu en 2013 à une stratégie opposée. Les prêteurs, GSO et Canyon, par ailleurs acheteurs de CDS, avaient consenti à refinancer la société à condition qu’elle paie ses intérêts avec deux jours de retard, créant ainsi un défaut technique qui leur avait permis de toucher l’assurance.
La baisse des actions des hyperscalers s’est doublée récemment d’une forte remontée du risque sur le crédit de ces émetteurs liés à l'IA. Ces inquiétudes se manifestent notamment via un écartement des spreads et une envolée des rendements des protections «credit default swaps» (CDS).
Le directeur général Carlo Messina a écarté toute possibilité de relever le prix de l’offre sur sa compatriote toscane, alors que des scénarios alternatifs de fusion entre BPM et Monte dei Paschi ou de dividende exceptionnel nourrissent les rumeurs.
Après avoir interrogé 14 entreprises, le club de réflexion donne de nombreuses recommandations dont celles de nommer des référents IA ou de préserver les profils junior.
Kering a bénéficié d’un retour en grâce boursier après la publication de ses résultats trimestriels, alors que l’action Hermès a accusé l’une des plus importantes chutes de son histoire.
Le fonds de dotation qui finance la fondation britannique de recherche et d'innovation Nesta a transféré un portefeuille en gestion passive d'actions internationales de 120 millions de livres.
Les prétendants à l'Elysée sont prisonniers de deux mouvements contradictoires. D'un côté, la campagne réclame qu'ils déroulent leur programme. De l'autre, l'actualité leur dicte de réagir pour rester branchés à la vie du pays. Ces derniers jours illustrent à quel point la position est difficile à tenir. Et c'est loin d'être fini
Incorrigible Gabriel Zucman. La moindre occasion est bonne pour anti-riches et anti-profits de donner libre cours à leurs obsessions de taxation tous azimuts, notamment de TotalEnergies
L'ex-Premier ministre fait un pas de plus vers une candidature à l'élection présidentielle de 2027 dans une interview à Marianne. Tout en assortissant sa participation de certaines conditions