Le marché des ABS de cartes de crédit au Royaume-Uni se redresse

Les titrisations de ce type sont bien plus nombreuses que l’année dernière. Mais le contexte macroéconomique risque de peser sur ce marché
Solenn Poullennec

Le segment des titres britanniques adossés à des cartes de crédits (ABS de cartes de crédit) défie la morosité du marché de la titrisation européen. C’est du moins ce qui ressort des données compilées par les analystes de RBS.

Selon RBS, «pour la première fois les volumes d’ABS de cartes de crédit du Royaume-Uni atteignent des niveaux comparables à ceux du marché américain, grâce au recul des émissions sur ce dernier». Les titrisations de ce type ont atteint 6,1 milliards d’euros cette année contre 1,5 milliard l’année dernière. «Ce regain fait de ces opérations l’un des quelques rares segments de titrisations liées à la consommation qui n’a pas connu de recul cette année», affirment les analystes.

Une des dernières opérations en date est celle menée par la banque britannique Lloyds la semaine dernière. Elle a atteint 600 millions de dollars, avec la révision à la hausse de la tranche A. Les mauvaises conditions de marché ont augmenté la marge de 10 pb par rapport à la dernière émission de juin. Reste que cette opération fait de Llyods le deuxième sponsor pour les titrisations ABS de cartes de crédit en Europe en termes de titres placés, derrière Barclays.

La transaction de Lloyds en est un bon exemple : le rebond des émissions de titrisations d’ABS de cartes de crédit a été tiré par les émissions en dollars. Les analystes de RBS s’attendent à ce que cette tendance se poursuive. Toujours selon leurs calculs, le taux de titrisation, c’est-à-dire la part des prêts qui servent de sous-jacents aux titrisations britanniques est aujourd’hui de 17%. Autrement dit, près de 45 milliards de livres sterling de cartes de crédit pourraient être exploités pour de nouvelles opérations.

Le dynamisme du marché est cependant à relativiser. Il sert plus au financement des établissements financiers qu’au financement d’actifs. «Alors que des besoins importants de financement sont encore à venir, nous nous attendons à ce que les banques continuent à exploiter ce moyen», écrit RBS.

Et même si pour l’instant l’évolution des dernières titrisations «montre peu de signes de détérioration de la qualité de crédit des emprunteurs», les analystes anticipent un affaiblissement du marché, étant donné le contexte macroéconomique au Royaume-Uni.

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