Le marché de taux s’accommode de la faiblesse du PIB britannique
La croissance de 0,2% au deuxième trimestre retarde encore l'échéance d’une première hausse des taux de la Banque d’Angleterre
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Alexandre Garabedian
Pile dans le consensus. La croissance du PIB en Grande-Bretagne a atteint 0,2% au deuxième trimestre, comme le prévoyait la moyenne des économistes, selon la première estimation publiée hier outre-Manche. Sur un an, la progression est de 0,7% seulement. Ces chiffres ont été accueillis avec un certain soulagement par les économistes, dont quelques-uns avaient prévu jusqu’à 0,3% de contraction.
Des éléments exceptionnels, en premier lieu les ruptures d’approvisionnement liées au tsunami au Japon et les jours de vacances accordés pour le mariage princier, ont pesé sur la croissance. La production industrielle a ainsi reculé de 1,4% d’un trimestre à l’autre. L’office national de la statistique britannique a estimé que sans ces facteurs temporaires, la croissance du PIB aurait été de 0,7%. Ce qui laisse espérer mécaniquement une amélioration au troisième trimestre, à tempérer par les mauvais chiffres de juillet et le ralentissement de la croissance mondiale.
«C’est une publication meilleure qu’espérée; mais avec une confiance qui reste faible et les finances des ménages sous pression, la tendance sous-jacente reste mitigée, souligne James Knightley, économiste chez ING. Nous espérons malgré tout une accélération graduelle de la croissance du PIB dans les douze prochains mois.»
A l’annonce du PIB, les rendements britanniques à 10 ans se sont brièvement tendus de 4 points de base, à 3,09%, avant de revenir à leur point de départ. «C’est un bon chiffre pour le marché des Gilts, estime Andy Chaytor, stratégiste taux chez RBS. Une croissance aussi apathique est assez faible pour que l’on n’ait pas à se préoccuper d’une hausse des taux avant très longtemps, mais pas trop faible au point de menacer le AAA du Royaume-Uni.»
La partie courte de la courbe des taux britanniques renvoie désormais à octobre 2012 la perspective d’un premier resserrement de la Banque d’Angleterre. Tout en laissant également de côté l’hypothèse d’un nouveau tour d’assouplissement quantitatif. De son côté, le gouvernement a réaffirmé son engagement de rigueur. «Il n’y a pas de plan B, a souligné Vince Cable, le ministre du Commerce. Nous devons nous en tenir aux objectifs de réduction des déficits.» Des objectifs bâtis sur des hypothèses de croissance de 1,7% en 2011, 2,5% en 2012 et 2,9% en 2013 qui semblent généreuses.
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