Le marché de l’immobilier commercial fait face au désengagement des banques

Plusieurs cessions de prêts en Europe sont en cours. La réduction de l’activité de financement immobilier pèsera sur l’investissement en 2012
Violaine Le Gall

Les ventes de portefeuilles de prêts immobiliers se multiplient ces dernières semaines. Outre la Société Générale qui est sur le point de céder des portefeuilles de prêts, notamment français, la Nama, la bad bank irlandaise, a mis en vente un portefeuille de prêts Project Island de 600 millions d’euros, dont 65% sont français. Ces lignes non performantes financent des développements résidentiels et hôteliers situés dans la Sud de la France. En se positionnant sur cette opération, pilotée par CB Richard Ellis, les candidats auront pour objectif de récupérer les actifs sous-jacents pour les développer. La sélection des acteurs pour le second tour est imminente.

L’activité se développe plus largement en Europe. Santander est en train de boucler la cession de prêts non performants d’un montant total de 3 milliards d’euros sur l’immobilier résidentiel espagnol à Morgan Stanley, d’après la lettre spécialisée CoStar Finance. Lloyds Banking Group finalise le deuxième tour pour la vente du portefeuille Project Royal, d’un milliard de livres sterling. Allied Irish Banks serait enfin sur le point de céder un portefeuille de 1,4 milliard d’euros d’après le Financial Times.

«La demande des investisseurs est soutenue. Compte tenu des opérations déjà engagées ou de celles sur lesquelles nous sommes retenus, la vente de prêts pourrait représenter près de 70% de notre activité en Europe en 2012», estime Philippe Deloffre, directeur EMEA de l’activité debt advisory chez CB Richard Ellis.

Outre ces opérations, les banques réduisent nettement leurs activités de financements immobiliers, voire les arrêtent, d’après plusieurs spécialistes. De plus, «les acteurs encore actifs sont peu nombreux et se montrent très prudents. Ils ont procédé cet été à une hausse des marges dans un contexte de taux en baisse. Compte tenu de la forte remontée des rendements souverains, le coût de financement a sensiblement augmenté», observe Philippe Deloffre. Par conséquent, les perspectives sur l’investissement immobilier s’assombrissent. «Nous nous attendons à des volumes assez réduits au moins au premier trimestre 2012, indique Magali Marton, directeur des études de DTZ. L’investissement en France risque fort d'être inférieur à celui attendu en 2011, à savoir 11 milliards d’euros.»

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...