Le marché de la dette est resté au point mort en mai
Les émissions se sont effondrées dans un contexte de forte volatilité. La baisse est cependant aussi liée à des facteurs mécaniques
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Laure Closier
Les dernières semaines ont été particulièrement mornes sur le marché du crédit. L’activité globale a baissé de 58% en mai par rapport à avril pour un total de 209,8 milliards de dollars, selon les chiffres de Thomson Reuters. Un niveau qui rappelle celui de l’après Lehman Brothers. La semaine dernière a été particulièrement vide en Europe. Les émissions d’entreprise et de banques confondues ont chuté à 16,8 milliards de dollars, un des points les plus bas de l’année.
«Après un départ très actif du marché corporate au premier trimestre, l’élan s’est ralenti spécialement sur les dernières semaines, troublé par la volatilité des marchés induites par les préoccupations sur les dettes gouvernementales de la zone euro et la réforme financière aux Etats-Unis», résume Rajeev Shah, stratégiste crédit chez BNP Paribas CIB. Aux Etats-Unis, comme en Europe, les indices de volatilité ont explosé depuis mi-avril. Mi-mai, le Vix, l’indice de volatilité du S&P 500, a frôlé ses niveaux records depuis le 11 septembre 2001, en dépassant les 48 points en séance, avant de se resserrer.
En mai, les corporates à se lancer sur le marché ont donc été très rares. Aéroport de Paris, reste la seule entreprise à avoir tenté sa chance en émettant 500 millions d’euros, le 5 mai. Depuis, seuls quelques refinancements bancaires font vivre mollement le marché. On observe cependant une légère reprise des émissions en fin de semaine dernière, mais surtout à travers des obligations sécurisées ou des émetteurs quasi-publics. Le Crédit Foncier a émis 2,35 milliards d’euros d’obligations foncières vendredi, la région Ile-de-France 300 millions d’euros deux jours plus tôt. Certaines entreprises, qui ont effectué des road-shows en début de mois, sont toujours attendues par le marché comme Seb ou Cegedim.
Le marché du crédit n’est pourtant pas dans une situation si singulière. «Nous retournons à des niveaux normaux d’émissions», souligne Rajeev Shah. Les besoins de financement des entreprises étaient en effet bien plus importants, l’an dernier. Les émissions sont donc mécaniquement moins élevées cette année. Par ailleurs, le premier trimestre est traditionnellement le plus fourni. «En moyenne, sur les trois dernières années, à peu près 57% des émissions sont réalisées au début de l’année, poursuit Rajeev Shah, qui s’attend à une reprise l’activité primaire en juin avant l’accalmie de l’été».
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