La forte contraction attendue du marché des équipements télécoms aboutit à l’absence d’objectifs financiers précis pour l’année 2009
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Yves-Marc Le Réour
Que va-t-il rester d’Alcatel-Lucent après la mise en œuvre de son troisième plan de restructuration en deux ans? C’est la question que l’on peut se poser trois mois après l’arrivée de Ben Wervaayen au poste de directeur général du numéro trois mondial des équipementiers télécoms. Un premier plan de réduction de coûts de 1,7 milliard avait en effet été porté à 2,1 milliards d’ici fin 2009 avec 12.500 suppressions d’emplois. Le nouveau DG, dont les priorités sont «les résultats et le retour à la rentabilité financière», a promis vendredi de mettre en place une nouvelle organisation «plus agile».
Ceci passe par 750 millions d’euros d'économies annualisées d’ici le 4e trimestre 2009, «dont les deux tiers sur les dépenses de R&D et sur les charges administratives et commerciales». La simplification des structures comprendra la suppression de 1.000 postes de managers accompagnée d’une division par deux du nombre de sous-traitants réduit à 5.000. L’objectif est d’abaisser d’un milliard d’euros le point mort sur chacune des deux prochaines années pour faire face à une contraction du marché des équipements de télécoms estimée entre 8% et 12% en 2009, avant une année 2010 «pas significativement meilleure».
Alcatel-Lucent anticipe le maintien de sa part de marché l’année prochaine, ce qui se traduira de facto par une baisse de ses revenus. Alors que la génération d’un cash-flow positif en 2009 sera «très difficile à atteindre», le nouveau directeur financier Paul Tufano ne s’est pas engagé sur une échéance de retour à l'équilibre du résultat net, se gardant également de confirmer explicitement les objectifs 2008 (voir tableau ci-dessous). Le groupe s’est dit optimiste pour conclure d’ici à ce soir avec Dassault Aviation la cession de sa participation de 20,8% dans Thales qui lui rapporterait 1,5 milliard d’euros.
On estime à la Société Générale comme dans plusieurs bureaux d’analyse que ce plan «ressemble àun nouvel avertissement sur les bénéfices face au consensus qui tablait sur un marché stable en 2009 et 2010» en ajoutant que «cela ressemble beaucoup à ce que l’on a vu chez Alcatel depuis des années : réductions de coûts sans changement stratégique immédiatement perceptible». Les investisseurs ont sanctionné le titre qui a plongé de 11,6% à 1,64 euros, ce qui porte son recul à 67 % depuis janvier.
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