«Le marché américain est aujourd’hui correctement valorisé avec un PER de 17»
Olivier Raingeard, chef économiste de la Banque Neuflize OBC
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Bruno de Roulhac
- L’Agefi: Pourquoi êtes-vous prudents sur l’évolution à un an du S&P 500 ?
- Olivier Raingeard: Nous sommes moins optimistes que le consensus pour deux raisons. D’une part, le marché américain est aujourd’hui correctement valorisé avec un price earning ratio de l’ordre de 17. D’autre part, malgré l’accélération probable de la croissance américaine au cours des prochains mois, les investisseurs vont devoir digérer la fin de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed, qui marque une rupture par rapport aux six dernières années. La poursuite du déplacement vers le haut de la courbe des taux américains aura deux conséquences. A court terme, la prime de risque action diminuera encore, rendant les actions américaines toujours moins attractives. A moyen terme, l’augmentation des coûts de financement en dollar pourrait avoir des répercussions économiques, aujourd’hui difficiles à apprécier.
- De quels catalyseurs disposent les marchés européens pour rattraper leur retard face à la Bourse américaine ?
- Historiquement, deux conditions sont nécessaires pour que les marchés européens rattrapent leur retard. D’une part, il faut que l’économie américaine soit en phase d’expansion et que sa banque centrale normalise sa politique monétaire. D’autre part, il est nécessaire que la reprise s’installe en Europe et que les conditions monétaires restent accommodantes. Il semble que ces deux conditions soient réunies pour les prochains mois. L’économie américaine devrait accélérer et la zone euro connaître une année pleine de reprise; la Fed devrait poursuivre la normalisation de sa politique monétaire alors que la BCE pourrait prendre de nouvelles mesures pour annihiler le risque de déflation.
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