Le marché actions retombe, toujours dans de faibles volumes
A la hausse, comme à la baisse, les marchés actions peinent à attirer les investisseurs. En début d’année, le rally s’est fait dans un volume limité. Sur les trois premiers mois de 2012, le nombre des titres échangés sur l’Euro Stoxx 50 a été le plus faible depuis le quatrième trimestre 2009. Aux Etats-Unis, la tendance est encore plus marquante. Sur le Dow Jones, le volume d’actions échangées au premier trimestre n’a jamais été aussi faible depuis 1999.
«Il n’y a pas eu d’enthousiasme consensuel parmi les gérants sur le rebond du marché du début de l’année», observe Nicolas Just, responsable gestion actions core de Natixis AM. Les obligations corporates ont en outre attiré les investisseurs. Enfin, les investisseurs de long terme, en particulier les assureurs, sont dans une phase de réduction de leur exposition aux actions. Les fonds actions d’Europe de l’Ouest ont donc essuyé 7,6 milliards de dollars de sorties nettes à fin mars, contre une collecte de 2,97 milliards au premier trimestre 2011, d’après le bureau d'études EPFR. Même constat sur le marché des ETF. Les trackers actions européennes ont subi 600 millions de dollars de sorties entre janvier et mars, contre plus de 5 milliards de collecte sur la même période en 2011, indique Blackrock.
Le repli des marchés amorcé ces dernières semaines, et qui s’est traduit hier par une chute de 3% de l’Euro Stoxx 50, n’est pas non plus un mouvement de fond. Sur le CAC 40, en recul de 3,08% hier, le volume hebdomadaire moyen de ces trois dernières semaines s'élève à 691 millions de titres, contre 1,1 milliard en août dernier. Sur l’indice espagnol Ibex, pourtant fort malmené dernièrement, les volumes étaient plus limités en mars 2012 qu’en août 2011. «Il n’y a pas de signe de panique pour le moment, commente Nicolas Just. La volatilité, très faible en janvier et février, est rapidement remontée, mais elle se situe à un niveau normal pour une phase de baisse de marché».
Les semaines qui viennent seront déterminantes dans la direction que prendra le marché. «Nous sommes dans une période charnière durant laquelle les investisseurs attendent des nouvelles, en particulier sur l'économie américaine, sur une éventuelle intervention de la Fed et sur la situation politique en France et en Grèce, ajoute le spécialiste. D’ici un mois, nous verrons si les investisseurs voudront ou non acheter plus d’actions».
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