Le LSE se renforce aux Etats-Unis et dans les indices en achetant Russell
La Bourse de Londres, le London Stock Exchange (LSE), a précisé hier les modalités de l’acquisition, annoncée en mai, du fournisseur d’indices et gestionnaire d’actifs, Frank Russell. L’opération de 2,7 milliards de dollars qui complète la gamme d’indices du FTSE, acquise en totalité par le groupe LSE en 2011, sera notamment financée par une augmentation de capital de 1,6 milliard de dollars à l’automne. Le reste du financement proviendra de la dette bancaire.
Le LSE achètera 100% du capital de Russell auprès de l’assureur vie américain Northwestern Mutual et d’actionnaires minoritaires. La Bourse de Londres, emmenée par Xavier Rolet, compte ainsi renforcer sa position aux Etats-Unis. Après l’acquisition de Russell, la part du chiffre d’affaires réalisée aux Etats-Unis devrait atteindre 32% contre 14% aujourd’hui. Si le LSE ne conserve que la branche dédiée aux indices, elle serait de 21%.
L’avenir de la branche de gestion d’actifs (181 milliards de dollars sous gestion) et de conseil à l’investissement de Russell semble assez incertain à ce stade. Le LSE annonce d’ores et déjà qu’il va «entreprendre une revue complète» de l’activité pour «déterminer son positionnement et son adéquation avec le groupe», ce qui laisse envisager une cession.
Avec cette opération le LSE veut surtout devenir un acteur incontournable des indices aux côtés de S&P Dow Jones et MSCI. Il sera, avec le rachat de Russell, le premier fournisseur de «benchmarks» pour les fonds actions centrés sur les Etats-Unis et le numéro 2 sur les ETF listés américains. En tenant compte de la seule intégration de la branche indice, les «services d’information» représenteraient 38% de l’Ebitda du groupe contre 32% aujourd’hui. Un petit tiers (31%) de l’Ebitda viendrait du post-marché et 27% du marché des capitaux.
La transaction «permet au groupe LSE de capitaliser sur les grandes tendances de l’industrie, telles que la solide croissance des solutions multi-actifs et des stratégies d’investissement passives», assure le groupe dans son communiqué. Elle devrait permettre de dégager des synergies de 78 millions de dollars par an d’ici à trois ans. L’augmentation de capital devrait être lancée après l’assemblée générale en septembre. L’acquisition pourrait être conclue après l’approbation des régulateurs et des autorités de concurrence au début du premier trimestre de 2015.
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