Le LME alimente la fièvre de rapprochement des Bourses mondiales

Le marché londonien des métaux a engagé une revue pour répondre à diverses marques d’intérêt. Reste à convaincre ses membres
Benoît Menou

Concours de beauté pour le London Metal Exchange. Acteur de premier rang mondial dans la négociation des métaux non ferreux comme l’aluminium ou le cuivre, le marché londonien a indiqué vendredi entamer, avec l’aide de Moelis & Company, une procédure formelle concernant son devenir après avoir reçu plusieurs marques d’intérêt. Le LME, qui n’a pas identifié les candidats, répondrait ainsi à la demande, alors même que les volumes de transactions sur ses produits atteignent des plus hauts historiques. L’an dernier, le marché a traité 80% des volumes sur les métaux, et l'équivalent de 11.600 milliards de dollars de contrats.

Les prétendants devront faire preuve d’ingéniosité pour séduire les 92 membres du LME (parmi lesquels Goldman Sachs, JPMorgan ou MF Global), l’accord des trois quarts d’entre eux étant nécessaire pour modifier les statuts. Car il ne s’agira pas que d’une question purement financière, les propriétaires actuels étant attachés à leur indépendance, qui leur permet notamment de maîtriser les taux de commission. De fait, le LME, l’une des dernières grandes Bourses mutualisées, n’a réalisé que 9,5 millions de livres de résultat net en 2010.

Mais la valorisation d’un milliard de livres évoquée par le Financial Times qui cite «des membres» du marché «pourrait commencer à être intéressante». Reuters rapporte qu’une approche reçue en 2008 valorisait le marché londonien à 800 millions de livres. Tandis que, cité par Bloomberg, l’analyste de KBW Niamh Alexander rappelle que la dernière transaction rendue publique sur les titres du LME lui donnait un prix de 160 millions de livres sans doute très sous-estimé.

L’IntercontinentalExchange (ICE) américain ou l’opérateur de la Bourse de Londres, le LSE, seraient sur les rangs. Ils sont les deux prétendants les plus logiques, selon un consultant cité par Reuters. Le premier reste à l’affût d’une opération de taille, et élargirait ainsi son expertise au-delà de ses spécialités que sont l’énergie et l’agriculture, tandis que le second jouerait à domicile et aurait à cœur d’effacer l’échec du rachat de la Bourse de Toronto. Mais les Bourses de Singapour et de Hong Kong seraient également intéressées, tandis que le CME resterait à l’écart si l’on en croit le dernier commentaire de son directeur financier James Parisi qui écartait tout projet d’envergure à court terme.

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