Le liquidateur parvient à un compromis record dans l’affaire Madoff
Le montant a de quoi justifier les frayeurs des établissements poursuivis dans le cadre de l’affaire Madoff. L’Union Bancaire Privée (UBP) a accepté de verser près de 500 millions de dollars au liquidateur du fonds Madoff, Irving Picard. L’accord prévoit le versement par la banque suisse de 470 millions de dollars en cash, ainsi qu’une somme supplémentaire pouvant aller jusqu’à 30 millions, suivant l’issue d’autres actions en justice.
Il a été signé lundi avec UBP ainsi qu’une filiale basée aux îles Caïmans (M-Invest), mais doit encore être approuvé par le tribunal des faillites du district sud de New York. Le document déposé auprès du tribunal indique néanmoins que la banque privée ne reconnaît aucune faute, précisant qu’elle a simplement souhaité clore ce chapitre.
«Cet accord représente à ce jour la plus importante transaction en cash visant le fonds nourricier [de Bernard Madoff, ndlr] et le premier compromis majeur avec une banque internationale, deux jalons importants dans le cadre des efforts de recouvrements» liés à l’escroquerie pyramidale orchestrée par le gérant Bernard Madoff, a précisé Irving Picard.
La somme est en effet significative. Mais étant donné l’ambiance générale peu propice aux banquiers et professionnels de la finance, UBP peut estimer avoir échappé au pire. Initialement, le liquidateur envisageait en effet de réclamer un milliard de dollars. Les négociations duraient depuis l’été 2009. Les 500 millions portent à 2 milliards de dollars les sommes récupérées par Irving Picard.
La transaction inspirera peut-être les autres protagonistes poursuivis dans le cadre de l’affaire Madoff. De nouveaux ont été ajoutés à une liste déjà longue: après avoir déposé plainte lundi contre HSBC, à qui il réclame 9 milliards de dollars, l’administrateur judiciaire a notamment visé hier BNP Paribas et l’un des ses filiales, Legacy Capital. D’après lui, Legacy Capital aurait reçu au moins 256 millions de dollars du fonds de Bernard Madoff (BLMIS) entre 2000 et le 11 décembre 2008 (date à laquelle la fraude a été révélée), dont 175 millions de dollars de transferts frauduleux après l’acquisition de la société de gestion par BNP Paribas. Irving Picard reproche à la banque française de ne pas avoir mené d’enquête. L'établissement n’a pas souhaité faire de commentaire.
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