Le leader européen du bricolage Kingfisher réduit son dividende annuel d’un tiers
La crise du logement ne laisse pas immune le secteur du bricolage. C’est ce que l’on peut conclure à propos du dernier exercice de Kingfisher clos le 2 février dernier. « L’année dernière a constitué un défi pour les distributeurs internationaux du fait des incertitudes économiques mondiales accrues qui ont pesé sur le moral des consommateurs, en particulier au Royaume-Uni », précise le groupe. Bien que le recul de 3 % du bénéfice imposable à 386 millions de livres et le plongeon de près de 20 % du bénéfice net à 272 millions aient été conformes aux anticipations des analystes, la réduction de 32 % du dividende annuel (à 7,25 pence) est un signal négatif envoyé au marché, d’autant plus que Kingfisher envisage une baisse de 50 % pour le premier semestre de l’exercice en cours. « Ces baisses de dividendes supérieures à nos attentes ne témoignent pas en faveur d’une visibilité satisfaisante des bénéfices », confirme-t-on chez UBS. Le bénéfice d’exploitation de la chaîne B&Q au Royaume-Uni a baissé de 16 %, pénalisé par des charges liées à la transformation des magasins et la faiblesse des dépenses en bricolage des consommateurs au quatrième trimestre. La France (enseignes Castorama et Brico Dépôt) et les autres pays européens (notamment la Pologne) ont en revanche enregistré une progression bénéficiaire respective de 15 % et 10 %.
Le spécialiste de l’aménagement intérieur va se réorganiser en trois divisions géographiques (Royaume-Uni, France, international) en concentrant son développement sur des projets à rentabilité plus élevée et rapide ; afin de stabiliser une dette de 1,56 milliard de livres, il va abaisser de près de 25 % à 400 millions ses investissements pour l’exercice en cours, démentant cependant tout projet de cession globale de ses actifs immobiliers valorisés 3,6 milliards. Alors que le groupe s’est retiré en décembre de Taiwan, la perte opérationnelle de la filiale de B&Q en Chine continentale entraînera une charge de 22 millions de sterling sur l’exercice 2008-2009 et de 11 millions sur l’exercice suivant. Une gestion plus centralisée et une maîtrise accrue des coûts « devraient doper la création de valeur actionnariale avec un plein effet visible à trois ans », estime le nouveau ditecteur Ian Cheshire. Les investisseurs n’en sont pas encore convaincus, le titre ayant cédé hier 3,5 % à 130,4 pence, ce qui porte son recul à 53 % sur les douze derniers mois.
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