Le Japon se laisse de la marge pour atteindre ses prévisions de croissance

La prévision d’une hausse de 1,5 % du PIB en 2011, après 3,1 % en 2010, se fonde sur un scénario pessimiste concernant le yen et l’Asie
Patrick Aussannaire

Chat échaudé craint l’eau froide. Le gouvernement japonais a livré mercredi des prévisions prudentes, anticipant un ralentissement de la croissance pour l’exercice fiscal 2011 débutant en avril à 1,5%. Cependant, BNP Paribas rappelle que le pays, quoique en déflation, est loin d’être «dans une spirale déflationniste où la baisse des prix induit une contraction de l’activité» et que ce rythme reste supérieur à son potentiel de 0,75%. De plus, malgré une contraction probable du PIB au quatrième trimestre 2010 du fait de la fin de la hausse des prix du tabac et de la prime écologique, la croissance devrait atteindre 4,3% en 2010 (3,1% sur l’exercice fiscal), contre 2,8% aux Etats-Unis et 1,7% en zone euro.

A la suite du recul de 55,4% de l’excédent commercial en novembre, le gouvernement a également révisé à la baisse son opinion sur les exportations en raison du ralentissement de la reprise en Asie et d’un yen qui reste fort, malgré les mesures prises par la Banque du Japon. BNP Paribas estime en outre que «le risque principal provient de la mise en œuvre, en Europe et aux Etats-Unis, de mesures d’assainissement budgétaire qui pourraient peser plus fortement que prévu sur l'économie mondiale».

En revanche, la banque insiste sur le fait que «la croissance des économies asiatiques pourrait être plus forte que les prévisions actuelles». De plus, le très fort niveau de dette publique (ratio dette / PIB proche des 200%) contraint les autorités du pays à poursuivre une politique monétaire et budgétaire conjointe expansionniste afin de monétiser une partie de la dette publique et de maintenir le niveau très bas des intérêts sur la dette publique, qui devrait stimuler la demande intérieure et limiter la hausse du yen.

Sur le plan intérieur, le gouvernement prévoit un recul du taux de chômage de 5% actuellement à 4,7% dans les dix-huit mois. Cette situation favorable du marché de l’emploi est largement imputable à la grande flexibilité des salaires au Japon et explique en grande partie pourquoi l'économie a basculé dans la déflation. Dans ce contexte, le gouvernement prévoit une stabilité des prix à la consommation en 2011, mais pas de sortie de la déflation en tenant compte de l’indice hors produits alimentaires. Un scénario qui pourrait néanmoins se modifier si la politique monétaire durablement très expansionniste de la Fed faisait réapparaître des tensions inflationnistes.

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