Le Japon prépare un plan de soutien pour ses banques

Le gouvernement et la BoJ songeraient, selon un quotidien nippon, à consacrer près de 80 milliards d’euros à la relance du secteur
Benoît Menou

Le quotidien japonais Sankei Shimbun a avancé hier que la Banque du Japon (BoJ) et le gouvernement de l’Archipel concoctent un plan de sauvetage du secteur bancaire national à hauteur de 10.000 milliards de yens, l’équivalent de 78,3 milliards d’euros.

Il s’agirait pour les pouvoirs publics de racheter aux banques des créances douteuses ainsi que d’autres actifs financiers, de la dette d’entreprises aux actions en passant par les billets de trésorerie et les produits dérivés. Sans citer ses sources, le journal avance que le plan public pourrait être mis en œuvre d’ici le mois de mars prochain.

Un tel scénario, face à la crise du crédit et à la récession que traverse actuellement le Japon, n’est pas sans rappeler le plan de sauvetage massif déployé dans le pays dans les années 90. Pour autant, le montant total des créances douteuses détenues pas les banques japonaises s’élevait, selon le gouvernement, à 11.400 milliards de yens à fin mars derniers, contre 33.900 à fin mars 1999.

Hironari Nozaki, analyste bancaire chez Nikko Citigroup, a ainsi confié à Reuters son manque d’optimisme à l’idée d’un plan de rachat de créances, leur montant étant aujourd’hui déjà bien moindre, ce qui n’empêche pas les banques de se montrer réticentes à prêter, notamment aux petites entreprises. Certains analystes croient plutôt en l’efficacité d’une entrée des pouvoirs publics au capital des établissements financiers ou de l’achat sur le marché boursier d’actions vendues en masse par les investisseurs internationaux.

Les autorités ont d’ores et déjà annoncé des mesures de poids pour tenter de dégager l’horizon. D’un côté, la BoJ a abaissé son taux directeur à 0,10% et a proposé, à l’image de la Réserve fédérale américaine, de racheter à titre temporaire des billets de trésorerie. De l’autre, le gouvernement a prévu un budget d’un montant inédit pour l’exercice fiscal débutant le 1er avril prochain, par le biais par exemple d’un soutien à des exportations pénalisées par la vigueur du yen et moteur traditionnel de la machine économique japonaise.

L’écho d’un possible plan de soutien a soutenu hier la Bourse de Tokyo lors des derniers échanges de l’année, l’indice Nikkei s’adjugeant 1,3%. Il affiche pourtant en 2008 un repli de 42%, sa plus piètre performance en cinquante-huit ans d’existence.

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