Le Japon est pris en étau entre crise économique et crise politique
Le Japon se dirige vers une nouvelle récession. Cette nuit, l’indice Tankan de confiance des grandes sociétés manufacturières japonaises s’est enfoncé en territoire négatif à -3 points sur les trois mois achevés fin septembre, après -1 fin juin. Les sociétés s’attendent à une situation stable sur les trois prochains mois. Grâce à l’anticipation d’une relative stabilité du yen contre dollar à 79,06 en moyenne sur l’année fiscale qui se termine fin mars 2013 (contre 78,95 anticipé fin juin), l’industrie manufacturière a légèrement relevé ses projets de dépenses d’investissements à 6,4%, contre une hausse de 6,2%.
Vendredi, Tokyo avait annoncé une chute de la production industrielle de 1,3% en août, après une baisse de 1% en juillet et contre un recul de 0,5% prévu par le consensus. «L’économie japonaise devrait encaisser deux trimestres de contraction d’ici fin décembre, du fait de la chute des exportations» estime Kiichi Murashima, chef économiste Citigroup Global Markets Japan.
La crise diplomatique avec le Chine, qui connaît un ralentissement marqué de son économie, ne fait qu’ajouter aux inquiétudes sur les perspectives de croissance au Japon. L’indice PMI manufacturier chinois calculé par HSBC est resté sous le seuil de contraction de l’activité en septembre à 47,9 points contre 47,6 en août. L’indice officiel oublié ce matin confirme cette tendance malgré un léger rebond à 49,8 en septembre après 49,2 en août.
Malgré l’intervention de la Banque du Japon, qui a accru son programme de rachats d’actifs le mois dernier, l’objectif de sortie de déflation est loin d’être atteint. En août, l’indice des prix à la consommation affichait toujours une baisse de 0,3% sur un an. Le rendement des obligations japonaises à 10 ans était stable à 0,77% ce matin, contre un plus bas historique de 0,72% touché le 23 juillet. «Les rendements japonais ne devraient pas augmenter (…). La déflation se poursuit, et la BoJ n’est pas prête d’atteindre son objectif de 1%» estime les stratégistes de la Société Générale. Bloomberg prévoit un taux 10 ans à 0,87% à la fin de l’année.
Et une crise politique vient s’ajouter à la crise économique. Ce matin, le gouvernement a démissionné dans le cadre d’un vaste remaniement prévu par le Premier ministre, Yoshihiko Noda, avant des élections législatives anticipées promises à l’opposition de droite pour obtenir l’adoption du texte controversé sur la hausse de la TVA.
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