Le Japon est condamné à multiplier les interventions sur les changes
Il n’aura pas fallu trois mois pour que le Japon revienne à la charge. L’intervention, lundi matin, de Tokyo sur les changes a été massive et permis au dollar de remonter de 75,35 à 79,55 en séance face au yen, soit une appréciation de plus de 5%. Les rumeurs de marché évoquent une intervention supérieure en taille à celle du 4 août, qui avait atteint un record de 4.500 milliards de yens. Mais un certain nombre d’économistes doutent de la capacité de Tokyo à inverser la tendance.
Les deux précédents de 2011 incitent à la prudence. Tokyo est intervenu une première fois le 18 mars. Les trois semaines qui ont suivi, le dollar/yen est remonté de 79 à 85,5, avant que l’essentiel des gains ne soit effacé un mois plus tard. L’intervention de début août, elle, n’a entraîné qu’un rebond de 77 à 79, encore plus éphémère que le premier.
Des facteurs techniques pourraient vite repousser le yen vers ses sommets. Le Japon a expliqué son intervention par des «signes forts de spéculation»: les positions longues des opérateurs financiers sur la devise nippone ont presque triplé en une semaine, à 58.260 contrats selon les statistiques de la CFTC américaine. Mais les particuliers japonais sont vendeurs, et «l’ensemble des investisseurs étaient courts de yen par anticipation d’une intervention», signale Todd Elmer, stratégiste chez Citigroup, qui se base sur un indice maison.
«La communauté des particuliers japonais qui fait du trading sur marge va utiliser la baisse artificielle du yen pour prendre ses profits», estime Lee Hardman, stratégiste chez Bank of Tokyo. Même risque du côté des exportateurs: «ils avaient été piégés par la baisse du dollar/yen, et vont sans doute profiter de l’occasion fournie par des niveaux un peu plus élevés pour se couvrir», souligne Todd Elmer.
Passé l’effet de cette nouvelle intervention, «le yen devrait continuer à s’apprécier dans les mois qui viennent en raison de la demande pour les valeurs refuge», prévoit Lee Hardman. Des valeurs toujours plus rares, le franc suisse étant sorti du club depuis que la Banque nationale a collé son taux à l’euro.
Reste à Tokyo à défendre cette décision unilatérale face à ses partenaires du G20, demain et vendredi. Pour BNP Paribas, «le pari pourrait être que ses alliés approuvent l’affaiblissement du yen en échange d’un soutien japonais à l’Europe», à travers le Fonds européen de stabilité (EFSF).
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