Le Japon donne un deuxième souffle aux Abenomics
Après avoir sorti le «bazooka» monétaire, Tokyo a recours à l’arme budgétaire pour sortir l’économie de la récession dans laquelle elle a replongé depuis la hausse du taux de TVA à 8% début avril. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue hier, le premier ministre Shinzo Abe a confirmé la dissolution de la chambre basse du parlement et la tenue d'élections anticipées mi-décembre pour réclamer un nouveau mandat. Celui-ci lui permettrait d’avoir les mains libres jusqu’à fin 2016 pour donner un nouveau souffle aux «Abenomics», mis à mal par la nouvelle contraction du PIB japonais au troisième trimestre.
«Je suis conscient des critiques estimant que les Abenomics sont un échec (…) mais c’est le seul moyen de mettre fin à la déflation et de relancer l’activité», a-t-il expliqué. La deuxième hausse du taux de TVA à 10%, prévue en octobre 2015, a été repoussée de 18 mois et un plan de relance budgétaire d’au moins 2.000 milliards de yens sur l’année 2015 semble probable, après celui de 5.500 milliards mis en place cette année pour compenser la hausse de TVA. Le ministre des Finances Akira Amari a d’ailleurs affiché hier sa volonté de le boucler d’ici à la fin de l’année et de pousser les entreprises à augmenter les salaires lors des prochaines négociations salariales annuelles pour relancer l’inflation et la consommation.
«Shinzo Abe a fait prendre un nouveau virage ultra accommodant à la politique économique dans une proportion dépassant largement ceux des autres économies développées. Le report de la hausse de TVA et sa concentration sur la consommation, les salaires et la relance fiscale en plus du nouvel assouplissement de la BoJ suggère que le Japon s’est détaché de la seule dépendance à la politique monétaire en ayant recours à une quatrième flèche utilisant simultanément les armes fiscales et monétaires», estime Citigroup. Barclays table sur un retour à une croissance de 3,7% au dernier trimestre, soit 0,5% cette année, avant un rebond à 1,1% en 2015, contre 1,5% anticipé par la BoJ et 2% par SG CIB.
Les marchés affichent leur confiance dans le succès des Abenomics. L’indice Topix a bondi de 18,5% en un mois pour atteindre son plus haut niveau depuis juin 2008, alors que le yen est au plus bas depuis octobre 2007 et octobre 2008 contre dollar et euro. Enfin, les rendements des obligations d’Etat à 2 ans et 10 ans sont tombés en novembre à leur plus bas historique de 0,005% et 0,43%.
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