Le Japon abat une dernière carte pour relancer son économie
Légitimé par les urnes, le gouvernement va injecter 3.500 milliards de yens dans l'économie, pour un supplément de croissance de 0,7%.
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Antoine Landrot
On ne connaît pas encore le sentiment des industriels japonais sur le plan de relance entériné samedi par le gouvernement de Shinzo Abe, eux qui s’étaient montrés dubitatifs quant à sa stratégie économique à l’occasion de la publication de l’indice Tankan, il y a quinze jours. La réaction des marchés – plus favorables aux «Abenomics» – pourrait, elle, se manifester dès aujourd’hui.
Le plan se présente sous la forme d’un stimulus de 3.500 milliards de yens (24 milliards d’euros) destiné à soutenir les régions en difficulté et les bas salaires. Ce montant est bien supérieur à une première évaluation, plus proche de 2.000 milliards de yens.
Une enveloppe de 1.800 milliards sera consacrée aux ménages et entreprises fragiles, via par exemple la distribution de bons d’achat, de subventions, ainsi que des prêts à taux réduits pour les PME et les collectivités territoriales. Le solde (1.700 milliards) sera affecté à des mesures de prévention de catastrophes, ainsi qu’aux zones touchées par les conséquences du tsunami en mars 2011.
Le gouvernement estime que le plan produira une croissance supplémentaire du PIB de 0,7%. Il s’agit notamment de contrecarrer l’effet désastreux produit par la décision d’augmenter la TVA de trois points (à 8%) en avril dernier – le PIB de l’Archipel s’était à nouveau contracté au troisième trimestre. L’augmentation espérée des recettes fiscales sur l’exercice (clos en mars 2015) contribuera à financer le plan, avec le recours aux fonds inutilisés dans les budgets antérieurs. L’émission de dette publique est a priori exclue.
Le paquet de mesures fait partie d’un budget complémentaire qui sera adopté par le cabinet le 9 janvier, a indiqué le ministre des finances Taro Aso. Puis il devra être voté par le parlement.
Si la position de Shinzo Abe a été fragilisée pendant l’année (il a dû repousser de 18 mois l’instauration de la deuxième hausse de la TVA, à 10%), ce dernier s’est trouvé à nouveau légitimé par les urnes après la victoire de la coalition gouvernementale aux élections anticipées du 14 décembre, qu’il avait lui-même provoquées.
Reste à savoir si ces mesures produiront l’effet escompté, alors que le Japon a maintenant utilisé toutes les armes à sa disposition. «Je ne pense pas que ce plan de relance ait un gros impact de nature à doper l'économie», déclarait Masaki Kuwahara, économiste chez Nomura Securities, à Reuters. Etant donné les incertitudes actuelles, il évalue l’effet des mesures à une croissance de 0,2%.
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