Le high yield européen est de moins en moins protecteur pour l’investisseur
Moody’s s’inquiète de l’affaiblissement des covenants sur le marché high yield (HY) européen. Dans une note publiée hier, l’agence estime que «la propension des sociétés à tester l’appétit du marché pour les covenants les plus faibles va doper la taille et le type d’exceptions [prévues dans les documentations en Europe] érodant ainsi davantage la protection des investisseurs en 2015».
Moody’s fait référence au carve-out: alors que la documentation des obligations prévoit d’ordinaire des restrictions à la capacité de l'émetteur à verser, par exemple, des dividendes ou à s’endetter, ce type de clauses permet de passer outre.
Les carve-out sur la dette ont atteint un niveau qui représente 21% des actifs totaux de l'émetteur début 2014, alors qu’ils n’atteignaient encore que 11% début 2012. Autrement dit, la protection usuelle des investisseurs ne joue plus pour ces 21% d’actifs. Les exceptions aux clauses limitant les paiements (restricted payments) et les investissements autorisés ont doublé dans les deux cas, à 10% des actifs fin 2014 contre 5% en 2012. «A court et moyen terme, nous anticipons que ces niveaux de carve-out restent stables en EMEA, les investisseurs commençant à montrer une résistance à la hausse continue de la taille de ces paniers», estime Moody’s.
Avec la hausse du recours au marché obligataire pour financer des achats de sociétés, les sponsors LBO ont également intégré des «tests de portabilité» dans les covenants de changement de contrôle. Ceci leur permet, s’ils réussissent des tests de ratio de levier (tels que le niveau de dette sur Ebitda) de céder la société sans avoir besoin de racheter ses obligations avec une prime (101% du pair), comme le prévoient d’ordinaire les clauses de changement de contrôle. Une pratique qui devrait perdurer cette année, selon Moody’s.
«Les sponsors utilisent de plus en plus des structures à non-call 1 an», ajoute l’agence. Ce format leur permet ainsi de racheter l’obligation par anticipation après un délai d’un an seulement, au pair, sans avoir à compenser les investisseurs pour la perte des coupons futurs ou la hausse éventuelle de la valeur des titres.
Moody’s souligne enfin que ces structures agressives, poussées par les fonds de LBO, se généralisent ensuite à l’ensemble des émetteurs.
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIFLes acquéreurs gardent l’avantage dans les fusions-acquisitions en Europe
Dans un marché toujours tendu, les clauses d’ajustement de prix et d’earn-out s’imposent dans les process, tandis que les durées de garanties s’étendent, selon une étude du cabinet d’avocats CMS. -
Le conflit au Moyen-Orient freine la croissance de Bureau Veritas
L'entreprise a décidé d'arrêter certains contrats dans la région et revoit à la baisse sa prévision de chiffre d'affaires pour 2026. -
Danone réalise un début d'année un peu meilleur que prévu
Le groupe agroalimentaire a enregistré une croissance organique de 2,7% au premier trimestre, légèrement supérieure aux attentes, et confirme ses objectifs annuels. -
Invested Partners lance une stratégie de value-add sur l'immobilier résidentiel parisien
Le gestionnaire lance un fonds à destination des institutionnels et de la clientèle patrimoniale. -
La Financière responsable réalise sa première opération à impact dans le non-coté
Elle agit dans le cadre de sa stratégie dédiée à l’inclusion des personnes en situation de handicap. -
Havea obtient la certification B Corp, une première pour BC Partners et PSP
Le spécialiste vendéen des compléments alimentaires entend démontrer qu'une forte croissance, appuyée sur les recettes habituelles du buyout telles que l'internationalisation et la croissance externe, peut et doit s'accompagner d'un impact positif.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Washington prolonge la trêve avec Téhéran, mais maintient son blocus naval
À la veille de l’expiration de la trêve entre l’Iran et les Etats-Unis, Donald Trump a affirmé mardi 21 avril prolonger le cessez-le-feu, tout en maintenant son blocus naval dans les ports iraniens. Téhéran conteste, considérant cette décision comme un « acte de guerre » -
Emmanuel Macron lance la « méthode Notre-Dame » pour accélérer les projets industriels
Montluçon - En mode «Notre-Dame» pour rehausser la cadence: Emmanuel Macron égrène mercredi la méthode de l’Etat pour accélérer l’aboutissement de projets industriels et agricoles jugés stratégiques, à l’occasion d’un déplacement et d’un Conseil des ministres délocalisé dans l’Allier. Au milieu d’une actualité internationale chargée, entre la réception du président libanais à l’Elysée et un déplacement à Chypre et en Grèce, et alors que son gouvernement se débat entre les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et les gels de crédits budgétaires, Emmanuel Macron présidera la traditionnelle réunion hebdomadaire des ministres depuis Montluçon. Il se rendra ensuite à Échassières (Allier) pour inaugurer la mine de lithium de l’entreprise Imerys. Un vaste projet assis sur un des principaux gisements mondiaux de minerai de lithium qui devrait permettre, à partir de 2030, de produire 34.000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium et équiper annuellement 700.000 voitures électriques. Une «incarnation de nos objectifs de souveraineté», qui «illustre concrètement la réduction des dépendances stratégiques européennes», a expliqué l’Elysée. Ce projet baptisé «Emili» figure parmi les 150 «grands projets stratégiques» (GPS) bénéficiant de toutes les attentions de l’Etat et des collectivités territoriales, initiative annoncée en novembre par le président lors du premier sommet «Choose France Edition France» et formellement lancée en janvier. Portés pour moitié par des PME et des ETI, ces 150 projets sont répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d’euros d’investissement cumulé, et couvrent «l’ensemble du spectre industriel stratégique», selon l’Elysée: agroalimentaire, centre de données, biocarburants, batteries, santé, aéronautique, défense... Emmanuel Macron détaillera cette initiative lors d’une allocution depuis Échassières. Point d’orgue d’une séquence «riche de quelques obsessions présidentielles», au premier rang desquelles «la souveraineté industrielle», selon la présidence. «Partout en France» La reconstruction de la vénérable cathédrale de Paris tient lieu d’exemple à suivre en matière de simplification et d’accélération des procédures, tout comme les Jeux olympiques de 2024 qui avaient été précédés de loi de simplification. «Comment nous pouvons vivre dans une nation qui a su faire des Jeux olympiques et paralympiques extraordinaires en sept ans ? Comment on peut être dans une nation qui rebâtit Notre-Dame en cinq ans, et à qui on dit à un agriculteur qui veut étendre son poulailler, ça sera cinq ans?», s'était exclamé Emmanuel Macron en recevant des maires le 16 avril. «Méthode Notre-Dame, méthode Jeux olympiques, mais partout en France», donc. «On doit aller beaucoup plus vite en mettant les procédures en parallèle, en s’affranchissant des choses qui sont inutiles et des bureaucraties tatillonnes et en retrouvant un peu de la philosophie d’action» de ces deux grands chantiers, a expliqué le président. «Dans un souci de sobriété», a fait valoir la présidence, ne seront présents mercredi autour du chef de l’Etat et de Sébastien Lecornu que les ministres directement concernés par la séquence, à savoir Laurent Nuñez (Intérieur), Roland Lescure (Economie), Annie Genevard (Agriculture), Françoise Gatel (Aménagement du territoire), Sébastien Martin (Industrie) et Mathieu Lefèvre (Transition écologique). Le reste du gouvernement sera en visio-conférence depuis l’Elysée. MM. Martin et Lefèvre animeront une table ronde sur la simplification industrielle et environnementale, Mme Genevard une table ronde sur la simplification agricole et la souveraineté alimentaire. L’occasion pour la ministre d’aborder l’attendu projet de loi d’urgence agricole. Baptiste PACE © Agence France-Presse -
Les fous de BaalbekLe Hezbollah observe les négociations libano-israéliennes « le doigt sur la gâchette »
La milice armée, alliée du régime de Téhéran, pourrait profiter de ce répit pour reconstituer ses forces